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Michelin / Bénédicte de Bonnechose
Michelin acte la succession à sa direction financière / Bénédicte de Bonnechose prendra ses fonctions en juin 2026
C’est une page de près de sept ans qui s’apprête à se tourner à la direction financière de Michelin. Le groupe a annoncé cette semaine la nomination de Bénédicte de Bonnechose comme directrice financière à compter du 1er juin 2026, en succession d’Yves Chapot, en poste depuis l’été 2019.
Yves Chapot avait pris les rênes de la direction financière de Michelin dans un contexte de transition managériale marqué par le départ de Jean-Dominique Senard vers Renault, alors que le marché automobile entrait dans une phase de ralentissement et que les volumes de pneus subissaient une pression accrue. Près de sept ans plus tard, Bénédicte de Bonnechose s’apprête à prendre le relais alors que Michelin évolue dans un environnement toujours contraint, entre pressions cycliques sur les marchés, menaces de droits de douane sur l’automobile et intensification de la concurrence.
Arrivée chez Michelin en 2019, la même année qu’Yves Chapot prenait la direction financière du groupe, Bénédicte de Bonnechose a depuis construit un parcours interne qui l’a progressivement conduite au cœur des décisions stratégiques. D’abord nommée directrice financière déléguée, elle a élargi son périmètre jusqu’à superviser aujourd’hui plusieurs activités au cœur des dynamiques commerciales et industrielles, du transport urbain au transport longue distance, ainsi que la région Europe, tout en siégeant au comité exécutif depuis 2021.
À l’image de l’évolution observée dans de nombreux grands groupes industriels, la fonction finance du groupe de Clermont-Ferrand ne se limite plus à la gestion du bilan ou à la discipline des coûts, mais accompagne des choix structurants, qu’il s’agisse d’innovation, de décarbonation ou de priorisation des investissements. Chez Michelin, cette dimension s’inscrit également dans une stratégie de diversification progressivement renforcée, comme l’illustrent les récentes acquisitions de Cooley Group, spécialiste américain des membranes et revêtements techniques, et de Tex Tech Industries, acteur des textiles techniques et matériaux composites à haute performance, venues élargir le périmètre industriel du groupe au-delà de son cœur historique. L'entreprise a d’ailleurs annoncé la création, à partir de 2026, d’un segment de reporting dédié à "Polymer Composite Solutions", signe d’un changement de statut pour ces activités au sein de l’organisation.
La trajectoire de la future CFO, y compris avant son arrivée chez Michelin, traduit cette attente d’une finance capable de dialoguer avec les métiers. Diplômée de la NEOMA Business School (ex ESC Rouen), elle a effectué l’essentiel de sa carrière au sein du cimentier Lafarge, qu’elle rejoint à la fin des années 1990. Elle y occupe successivement des fonctions financières de premier plan, en France comme à l’international, avant d’élargir son champ de responsabilités vers l’opérationnel. Entre 2015 et 2018, elle dirige LafargeHolcim France et Belgique, pilotant un ensemble industriel réparti sur de nombreux sites, fortement capitalistique et exposé à la fois aux cycles économiques, aux enjeux de compétitivité et aux contraintes environnementales. Une expérience de management de terrain qui a durablement façonné son approche des équilibres financiers.
Cette alternance entre responsabilités fonctionnelles et opérationnelles s’inscrit dans une tradition managériale revendiquée par Michelin. Le groupe promeut régulièrement des dirigeants ayant éprouvé leur capacité à naviguer entre pilotage financier et gestion des activités, dans une logique de décloisonnement des décisions et de compréhension fine des moteurs de performance.
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