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Macro-économie / Taux

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France : les ménages donnent un coup de pouce à la croissance / Le point noir est l’investissement des entreprises

Au quatrième trimestre 2025, le Produit intérieur brut (PIB) de la France a progressé de 0,2 %, soutenu par une croissance record depuis plus d’un an de la consommation des ménages. À l’inverse, l’investissement des entreprises non financières a replongé, tiré vers le bas par les difficultés de l’industrie.
Sébastien Lecornu, Premier ministre, et Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances - Ludovic MARIN / AFP
Sébastien Lecornu, Premier ministre, et Roland Lescure, ministre de l'Economie et des Finances - Ludovic MARIN / AFP

La demande intérieure française ne marche pas encore sur ses deux pieds. Le Produit intérieur brut (PIB) en volume de l’Hexagone a augmenté de 0,2 % au cours du quatrième trimestre 2025, après une hausse de 0,5 % entre juillet et septembre, a dévoilé l’Insee, qui s’attendait à ce chiffre.

Sur l’année, la croissance du PIB s’établit à 0,9 %. L’acquis pour 2026, qui représente la performance réalisée par notre économie sur l’ensemble de cette année si le PIB demeurait stable au cours des quatre trimestres, s’élève à 0,5 % (c’est une sorte de prévision plancher). La prévision du gouvernement à 1% pour 2026 est donc tout à fait atteignable.

L’automne dernier, le PIB a été soutenu par la consommation des ménages qui a progressé de 0,3 % (contribution de 0,2 point à la croissance), soit un rythme inédit depuis l’été 2024.

Dans le détail, les dépenses de consommation des ménages en biens ont accéléré (+ 0,4 % après + 0,1 %) tout comme celles en services (+ 0,2 % après + 0,1 %), marquant peut-être l’amorce d’un reflux durable du taux d’épargne, qui se situait à 18,4 % du revenu disponible au troisième trimestre, un niveau parmi les plus hauts (hors crise pandémique) depuis le printemps 1980.

L’autre pan de la demande qu’est l’investissement des entreprises a connu une fin d’année 2025 moins reluisante. La formation brute de capital fixe (FBCF) des entreprises non financières (ENF) a reculé de 0,1 %, ce qui n’était plus arrivé depuis, là aussi, l’été 2024. "Dans les dernières enquêtes auprès des entreprises, les perspectives d’investissement restent très faibles", explique Charlotte de Montpellier, économiste senior chez ING.

Rappelons qu’en lien avec la crise énergétique et le durcissement des conditions de financement, la FBCF des ENF se situe 2,4 % en dessous de son niveau du troisième trimestre 2023. En comparaison, la consommation des ménages et le PIB évoluent respectivement 1,4 % et 2,2 % au-dessus.

On peut noter une certaine hétérogénéité parmi les firmes. En effet, la FBCF dans les services s’affiche en hausse de 0,3 % sur le quatrième trimestre, portée par les services immobiliers et aux entreprises, possiblement nourrie par la transition numérique. Cette composante s’affiche d’ailleurs en croissance sur le moyen terme, comme le reste de l’économie.

 

 

À l’inverse, l’industrie est empêtrée dans les difficultés, davantage consommatrice de capital, d’énergie et relativement plus soumise à la concurrence internationale qui s’est montrée très agressive ces derniers trimestres du côté de l’Asie. La FBCF des ENF en produits manufacturés s’est contractée de 0,9 % entre octobre et décembre derniers, se situant 7,6 % en dessous de son plus haut de l’été 2023 lui-même égal au niveau atteint avant… la crise pandémique.

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