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Actionnariat salarié / industrie / Eres

L’actionnariat salarié en net recul dans le SBF 120 / Dans la tempête, l’industrie tient bon

Après une année 2024 historique, l’actionnariat salarié marque le pas. Selon les premiers enseignements du nouveau panorama d’Eres, 2025 s’ouvre sur un net recul des opérations au sein du SBF 120, freinées par un climat d’incertitude économique et d’attentisme des entreprises - sans pour autant remettre en cause l’ancrage stratégique du dispositif, dont la France demeure l’un des derniers bastions actifs en Europe. Une tendance qui se vérifie tout particulièrement dans l’industrie.
Le PDG d'Airbus, Guillaume Faury (Photo : Valentine CHAPUIS / AFP)
Le PDG d'Airbus, Guillaume Faury (Photo : Valentine CHAPUIS / AFP)

Si l’actionnariat salarié avait connu une année 2024 record au sein du SBF 120 avec 44 opérations recensées – du jamais vu depuis 2014 – les premiers résultats du nouveau panorama publié par Eres montrent que 2025 ne s’annonce d’ores et déjà pas comme un nouveau cru exceptionnel. La société de conseil et de gestion parle même d’un net recul. La faute à un contexte économique marqué par l’incertitude et l’attentisme des entreprises.

Ainsi, 33 opérations collectives d’actionnariat salarié ont été menées par 30 entreprises de l’indice (contre 37 un an plus tôt). Et toutes les opérations ont été conduites par des groupes déjà habituées du dispositif, ce qui confirme néanmoins son ancrage dans les stratégies de long terme.

Néanmoins, cette tendance est loin de toucher uniquement la France, les entreprises tricolores se montrant d’ailleurs toujours plus généreuses que leurs homologues européennes. « Comme le confirme la Fédération Européenne de l’Actionnariat Salarié, on observe partout en Europe une réduction des incitations fiscales. Le Royaume-Uni, longtemps cité en exemple, a vu ces dispositifs de transmission d’entreprises aux salariés quasiment disparaître. Dans un contexte de recomposition des grands groupes marqué aussi par des incertitudes politiques et économiques, l’actionnariat salarié se fragilise. La France se distingue par sa capacité à préserver un actionnariat salarié actif et structurant, confirmant son rôle de leader européen historique dans les entreprises cotées », commente Mathieu Chauvin, président d’Eres.

Dans le détail, en France, les secteurs de la finance, de l’automobile et de l’industrie concentrent plus d’un tiers des opérations. Mais dans l’ensemble, les taux de souscription varient de moins de 30 % à plus de 44 % des salariés éligibles, et les montants investis par salarié vont de quelques milliers d’euros à plus de 17 000 euros, notamment dans les trois secteurs précités. « Ces écarts s’expliquent par le contexte sectoriel, les perspectives économiques et les arbitrages des salariés entre risque, liquidité et épargne », précise Eres qui souligne que le secteur industriel continue de montrer un engagement fort pour l’actionnariat salarié malgré le contexte économique compliqué (-61 000 emplois salariés privés dans l’industrie depuis l’avant crise-pandémique, selon l’Insee). L’année dernière, 4 opérations (chez Nexans, Schneider Electric, SPIE et Airbus) ont ainsi été enregistrées, soit près de 60 au total depuis dix ans. « Dans l’industrie, l’actionnariat salarié devient un véritable pilier de financement, mobilisant les salariés clés dans un contexte de forts investissements industriels, de transformation numérique et énergétique, et de compétition accrue pour attirer et retenir les talents », en conclut la société de conseil. 


 

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