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Macro-économie / Taux

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L’électricité mondiale va changer d’ère / Les renouvelables en pleine bourre

Selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la production mondiale d’électricité entre dans une phase de bascule historique. Portées par le solaire, l’éolien et un regain du nucléaire, les sources bas carbone devraient représenter la moitié de l’électricité produite dans le monde d’ici 2030, reléguant progressivement le charbon sur une trajectoire de déclin.
Eoliennes en Chine - Photo par WZ / CFOTO / CFOTO VIA AFP
Eoliennes en Chine - Photo par WZ / CFOTO / CFOTO VIA AFP

Une transition pleine de symboles. La production mondiale d’électricité s’apprête à franchir plusieurs seuils au cours de la période 2026-2030, selon les nouvelles prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Pour la première fois, les sources à faibles émissions - renouvelables et nucléaire - s’imposent comme les principaux moteurs de la croissance électrique mondiale.

Dès 2025, la production d’électricité renouvelable a quasiment rejoint celle du charbon à l’échelle mondiale. Une dynamique appelée à s’amplifier : d’ici 2030, les renouvelables et le nucléaire devraient fournir ensemble 50 % de l’électricité mondiale, contre 42 % en 2025 et à peine 23 % pour les seules renouvelables dix ans plus tôt. Dans le même temps, la part du charbon reculerait de 34 % à 27 %, amorçant un déclin structurel malgré son maintien comme première source individuelle d’électricité.

Au cœur de cette bascule, le solaire photovoltaïque joue un rôle déterminant. En 2025, il a enregistré la plus forte hausse annuelle jamais observée, avec +620 TWh, dépassant largement la progression de 2024. L’AIE prévoit que le solaire ajoutera en moyenne plus de 600 TWh par an jusqu’en 2030, représentant à lui seul plus de la moitié de la croissance des renouvelables. Dès 2026, il devrait dépasser l’éolien et le nucléaire en production, puis l’hydroélectricité avant la fin de la décennie.

Cette montée en puissance s’explique par la chute rapide des coûts, la diffusion massive des installations dans de nombreuses régions et une adoption accélérée dans les grandes économies. En Chine, premier marché mondial, le solaire a franchi le seuil des 10 % du mix électrique dès 2025 et pourrait dépasser 20 % en 2030. Sur l’ensemble de la période, le pays devrait couvrir l’intégralité de la croissance de sa demande électrique grâce aux énergies bas carbone.

L’éolien poursuit également sa progression, avec une croissance annuelle moyenne proche de 10 % à l’échelle mondiale, tandis que l’hydroélectricité reste plus dépendante des conditions climatiques, comme l’ont montré les reculs observés en Europe ces dernières années.

Parallèlement, le nucléaire connaît un regain significatif. Après une hausse modérée au début des années 2020, sa production mondiale devrait croître de près de 3 % par an entre 2026 et 2030. Cette dynamique est tirée par la mise en service de nouveaux réacteurs en Chine, en Inde et en Corée, les redémarrages au Japon et une production robuste en France. La Chine, en particulier, verra sa part dans la production nucléaire mondiale passer de 17 % à 20 % d’ici 2030.

À l’inverse, le charbon entre dans une phase de repli progressif. En 2025, fait inédit depuis cinquante ans, sa production a reculé simultanément en Chine et en Inde. Sur la période de prévision, la production charbonnière mondiale devrait diminuer en moyenne de 0,9 % par an, même si des disparités régionales subsistent. Le gaz naturel, en revanche, conserve un rôle clé, avec une croissance attendue de 2,6 % par an, notamment aux États-Unis et au Moyen-Orient, où il remplace progressivement le pétrole.

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