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Pourquoi 2025 fut une nouvelle année fondatrice pour L’Oréal / Un record d’acquisitions et des investissements Tech qui doivent propulser la croissance future

Malgré des résultats annuels solides et un quatrième trimestre en nette accélération, L’Oréal a essuyé une vive sanction en Bourse. Le géant mondial de la beauté a vu son titre décrocher jusqu’à 7 % vendredi matin, les investisseurs restant sur leur faim face à une croissance jugée insuffisante, notamment en Chine et dans le Luxe. Pour 2026, L’Oréal met toutefois en avant de puissants relais : l’innovation portée par 1,5 milliard d’euros investis dans la technologie et l’intelligence artificielle, la montée en puissance du e-commerce, le dynamisme des marchés émergents et surtout un niveau record d’acquisitions majeures, notamment dans Kering Beauté. Autant d’atouts censés nourrir une nouvelle phase d’expansion.  
Nicolas Hieronimus (ERIC PIERMONT / AFP)
Nicolas Hieronimus (ERIC PIERMONT / AFP)

Les marchés sont clairement déçus. Malgré un quatrième trimestre en forte accélération avec une croissance de 6 % sur un an en données comparables (11,25 milliards d’euros de chiffre d’affaires) contre 4 % sur l’ensemble de l’exercice 2025 (avec des ventes à 44 milliards d’euros, portées par les produits professionnels), L’Oréal n’a pas réussi à convaincre en Bourse ce vendredi matin. Après avoir ouvert sur un repli de près de 7 %, le titre a réussi à limiter un peu sa chute en abandonnant 4,4 % à midi.

 

Une accélération pas assez rapide

 

Cette réaction n’est pas une surprise pour Oddo BHF : « Les résultats sont de qualité, la croissance organique se redresse trimestre après trimestre et surtout il y a dans le quatrième trimestre des signaux clairement encourageants sur la Derma, l’Amérique du Nord et l’Europe. Mais le Luxe (en dessous des 3 %, ndlr) et surtout la Chine (+ 0,6 % de ventes, bien en dessous des attentes, ndlr) déçoivent. Bien que la croissance organique du quatrième trimestre soit en absolu de bonne qualité, elle ne sera probablement pas suffisante pour conforter des hypothèses de croissance qui avaient graduellement franchi la barre des 5 % pour 2026. Aussi et surtout, les attentes sur le quatrième trimestre ne cessaient de se relever au cours des dernières semaines grâce notamment à l’Amérique du Nord. Mais c’est de la Chine et du Luxe que la déception provient », estime le cabinet de recherche. De fait, le marché espérait mieux, puisque le consensus visait une croissance organique de 6,3 % sur le quatrième trimestre.

 

Les deux plus gros marchés semblent de retour

 

Et pourtant, force est de constater que grâce à l’amélioration des conditions de marché la croissance du groupe s’est accélérée sur ses deux plus gros marchés : en Amérique du Nord, passant de + 2 % au premier semestre à près de + 5 % au second - l’entreprise fait savoir de son côté que les gains de productivité avaient permis de compenser les droits de douane et les effets de change - et en Chine, passant d’une croissance faible à une croissance moyenne sur la période. « La Chine retrouve le territoire positif et la consommation de luxe », a voulu rassurer le directeur général du groupe, Nicolas Hieronimus, dans une conférence analystes ce vendredi matin. « Cette atonie est assez cohérente avec les propos tenus jusqu’à présent par les pairs de consommation qui évoquent un marché chinois qui va mieux mais qui reste difficile », rappelle Oddo BHF.

Au global, le résultat d’exploitation a augmenté de 2,4 % à 8,89 milliards d’euros, renforçant ainsi la marge opérationnelle de 20 points de base, à 20,2 %, un niveau record pour L’Oréal.

 

Le dividende pour preuve d’une performance solide

 

Une déception en Bourse qui n’entame toutefois pas la confiance de Nicolas Hieronimus pour 2026, et ce malgré les incertitudes macroéconomiques. « L’Oréal est prêt pour l’accélération. En 2025, L’Oréal a délivré des résultats forts, en renforçant son leadership, en augmentant ses ventes et ses profits et en démontrant à nouveau la résilience et l’agilité de l’entreprise », s’est-il félicité, expliquant notamment cette réussite par de nouveaux lancements de produits entre la première et la seconde moitié de l’année mais aussi par la performance des marchés émergents (+ 10,9 % de croissance sur un an en données comparables en zone SAPMENA et + 8,3 % en Amérique latine). Sans oublier le e-commerce, en croissance à deux chiffres et franchissant la barre des 30 % des ventes.

De quoi permettre à l’entreprise de proposer lors de sa prochaine assemblée générale un très généreux dividende de 7,20 euros, en augmentation de 2,9 %.

 

La beauté plus forte que la mode

 

Mais pour le directeur général, 2025 a aussi été une année de transformation qui permettra au groupe de délivrer une nouvelle croissance solide dans les années à venir. Notamment en termes d’Intelligence artificielle et de technologies (1,5 milliard d’euros dépensés en 2025) bien sûr – « l’année 2026 sera encore plus élevée en termes d’innovation dans toutes les catégories », a annoncé Nicolas Hieronimus -, mais aussi et grâce à trois acquisitions : le rachat de Color Wow dans le soin de cheveux, une participation de 10 % supplémentaires dans Galderma et surtout l’opération sur Kering Beauté. « L’année 2025 a été une année record d’acquisitions pour L’Oréal. Kering Beauté représente une grande opportunité. Quand vous voyez que Yves Saint Laurent est maintenant plus important en beauté que dans la mode, je vous laisse imaginer ce que nous pourrions faire avec Gucci Beauté », a-t-il fait observer.

 

2 milliards de consommateurs dans la prochaine décennie

 

Autre point fort d’accélération : le traitement de la peau. Pour preuve, SkinCeuticals est devenue l’année dernière la troisième marque milliardaire de la division. « Lorsque je regarde le portefeuille de L’Oréal, je vois que nous sommes dans la meilleure position pour attirer des consommateurs dans chaque division, avec les lignes de prix qui s’étendent, du plus abordable au plus cher, permettant à tout le monde d’entrer dans la beauté et de faire des achats. L’Oréal est plus forte que jamais et prête à accélérer sa croissance. Le nombre de consommateurs de beauté augmente de manière élevée et le marché de la beauté sera boosté par plusieurs tendances majeures et durables qui bénéficieront à L’Oréal », a assuré Nicolas Hieronimus qui vise les 2 milliards de consommateurs dans la prochaine décennie.


 

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