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Des éclaircies se révèlent chez les TPE et PME françaises, mais restent à confirmer / Les PGE obtiennent leur satisfecit

La dernière enquête de conjoncture de Bpifrance Le Lab et Rexecode a permis de vérifier l’amorce d’une amélioration des perspectives des petites entreprises françaises en ce début d’année. Et notamment en matière d’intentions d’investissements, bien que des précautions restent de mise. Alors que 2026 sera par ailleurs marquée, pour un certain nombre d’entre elles, par l’arrivée à échéance des Prêts garantis par l’État octroyés lors de la crise sanitaire, leurs dirigeants apparaissent satisfaits de ce dispositif ayant démontré son utilité.
 (Photo by Philippe Turpin / Photononstop / Photononstop via AFP)
(Photo by Philippe Turpin / Photononstop / Photononstop via AFP)

À la fin de 2025, après avoir traversé une année les ayant mis à rude épreuve, les patrons de TPE et PME françaises assuraient ne pas vouloir baisser les bras pour l’année à venir. Et faisaient montre d’un peu plus d’optimisme quant à leurs prévisions. La dernière enquête trimestrielle de conjoncture de Bpifrance Le Lab et Rexecode vient donner de la matière à ces anticipations. Sondés sur la première dizaine de jours du mois de février, les près de 1 200 dirigeants y ayant participé font en effet état de certaines améliorations. Leurs indicateurs de trésorerie se sont très légèrement appréciés, bien que toujours nettement en deçà de leur moyenne historique. En revanche, leur solde d’opinion ayant trait aux perspectives d’évolution à trois mois redresse la barre, en grimpant de trois points sur le trimestre et de deux points sur un an.

Sur le plan de la croissance, la faiblesse de la demande les perturbe toujours, qu’elle soit actuelle ou anticipée. Elle demeure le premier frein à l’activité relevé, mais semble être un peu moins contraignante qu’en fin d’année dernière (63 % contre 66 % en octobre dernier). En revanche, la concurrence devient plus inquiétante : en grimpant de quatre points sur le trimestre, elle est devenue le deuxième obstacle principal à l’activité des TPE et PME, à égalité avec les difficultés de recrutement, citée par 34 % d’entre elles.

À cet ensemble formant un brouillard sur l’activité des TPE et PME vient s’ajouter un climat d’incertitudes toujours pesant, du côté de la politique et de l’économie. Pour autant, il se révèle lui aussi légèrement moins lourd qu’en fin d’année dernière. Certes, 95 % des dirigeants interrogés redoutent que le contexte d’incertitudes politiques représente un impact négatif sur leur activité. Mais à 58 %, la part de ceux craignant que cet impact soit marqué s’est repliée de quatre points sur le trimestre et de 2 points sur un an, à la faveur de celle estimant qu’il sera léger. La meilleure visibilité sur les comptes publics restera la clé de la restauration de la confiance des patrons des petites entreprises françaises, indiquent-ils à Bpifrance Le Lab et Rexecode. Mais dans un contexte où un budget pour 2026 a finalement été adopté, ce levier reste moins mis en avant qu’au trimestre précédent (en baisse de 8 points par rapport à novembre).

 

L’attentisme n’a pas disparu

 

L’impact de ce climat d’incertitude sur leurs projets d’investissement s’est également atténué, même s’il reste élevé : 34 % des dirigeants anticipent ainsi les maintenir malgré tout, soit en progression de six points par rapport au trimestre précédent. D’une manière plus générale et en dehors de cette question de contexte politique, les intentions d’investissements des TPE et PME sont installées sur une trajectoire ascendante, avec 45 % des dirigeants prévoyant d’en engager cette année (+ 6 points sur le trimestre). Le solde d’opinion sur les montants investis, toujours sous sa moyenne historique, rencontre lui aussi un rebond de 12 points par rapport à la fin d’année 2025.

Attention, toutefois, à ne pas surinterpréter les signaux positifs. « D’une part, il existe traditionnellement, en début d’année, une intention à investir. Le mois de février est plutôt propice à ce genre de rebond, mais il faudra attendre par la suite les statistiques de l’Insee pour savoir s’ils ont vraiment été réalisés. D’autre part, les motivations d’investissements concernent ceux qui apparaissent nécessaires, comme le renouvellement d’équipements obsolètes ou la modernisation d’installations. Les extensions ou les investissements verts sont bien moins prioritaires », nuance Philippe Mutricy, directeur de l’évaluation des études et de la prospective de Bpifrance, auprès de WanSquare. En revanche, les TPE et PME ne signalent pas de difficultés particulières quant à leurs capacités à se financer grâce au crédit.

 

2026, l’année « PGE »

 

L’année à venir s’annonce par ailleurs importante pour un certain nombre de TPE et PME françaises, puisque la majorité des Prêts Garantis par l’État (PGE), octroyés durant la crise sanitaire, arriverait à échéance à fin 2026. Elles sont un peu plus d’une sur deux à avoir profité de ce dispositif, parmi les 1 200 à avoir été sondées par l’enquête. Et ses effets positifs apparaissent confirmés : près de 60 % des patrons indiquent qu’en l’absence du PGE, leur entreprise aurait fait face à de lourdes difficultés de trésorerie, voire aurait potentiellement fermé boutique (pour 16 % des bénéficiaires). Par ailleurs, plus de 80 % d’entre eux indiquent qu’ils y souscriraient de nouveau si les circonstances s’y prêtaient. « C’est un signal assez différent de ce que l’on entend souvent sur les PGE, quant à leur impact négatif sur la trésorerie des entreprises françaises, ou par rapport au ‘mur’ de remboursement qui s’érigerait face à elles. Ce n’est pas du tout ce qui ressort de l’enquête », résume Philippe Mutricy. La peur du non-remboursement est finalement en effet limitée : 3 % indiquent craindre cette éventualité parmi celles à avoir contracté un PGE.

« Par ailleurs, 7 % de l’ensemble des TPE et PME interrogées estiment que le remboursement pourrait compromettre le développement de leur entreprise. Il faut relever que le poids du PGE, au sein de leur endettement total, est bien plus élevé que la moyenne. Ceci peut expliquer en partie leurs difficultés », relève Thomas Laboureau, macroéconomiste chez Bpifrance. Parmi ces dernières, elles sont en effet 43 % à indiquer qu’il en représente plus des trois quarts, contre 17 % chez celles prévoyant que l’impact du remboursement sera faible. « D’après leurs réponses, le remboursement se ferait davantage au-delà de cette année. Mais il s’opérera tout de même » poursuit-il.

« Un PGE est un prêt comme un autre : bien qu’il soit garanti par l’État, il doit inéluctablement être remboursé, c’est un principe de base. Probablement y a-t-il eu un effet de déception sur une petite partie de la population des bénéficiaires. Mais un outil de politique économique capable de satisfaire tout le monde n’existe pas, ils ont forcément leurs forces et leurs faiblesses. Pour autant, sur le PGE, les premières l’emportent largement sur les secondes », indique Philippe Mutricy.

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