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Macro-économie / Taux

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France : un tiers de la population reste en difficulté face au numérique / Les seniors et les moins diplômés paient le plus lourd tribut à la fracture digitale

Selon une étude publiée par l’Insee, 34 % des 16-74 ans manquent encore de compétences numériques en 2025. Si la situation s’améliore légèrement depuis 2021, les écarts d’âge et de diplôme demeurent marqués, tandis que l’essor de l’intelligence artificielle profite surtout aux plus aguerris.
Photo par MAGALI COHEN / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par MAGALI COHEN / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

La fracture digitale persiste. D’après l’enquête TIC-ménages 2025 de l’Insee, plus d’une personne sur trois âgée de 16 à 74 ans n’utilise pas Internet ou ne maîtrise pas les bases dans au moins un des cinq domaines clés retenus par l’indicateur européen des compétences numériques. La proportion recule de quatre points par rapport à 2021, mais la fracture demeure profonde.

En 2025, 7 % des 16-74 ans sont en situation d’illectronisme : 5 % n’utilisent pas Internet et 2 % l’utilisent sans disposer d’aucune compétence mesurée. Cette part a diminué depuis 2021 (10 %), principalement parce que davantage de Français sont désormais connectés. En revanche, la proportion d’internautes sans compétence reste stable.

À ces publics s’ajoutent 27 % de personnes aux compétences jugées « faibles ». Au total, 34 % des 16-74 ans manquent donc de compétences numériques, contre 38 % quatre ans plus tôt. À l’inverse, 35 % disposent désormais de compétences avancées.

L’âge reste le facteur le plus discriminant. Chez les 60-74 ans, 17 % sont en situation d’illectronisme et 38 % présentent des compétences faibles. À l’opposé, seuls 2 % des moins de 45 ans sont concernés par l’illectronisme.

Au-delà de 75 ans, la situation est encore plus marquée : 54 % des personnes sont en situation d’illectronisme. Si la part d’internautes progresse dans cette tranche d’âge (51 % ont utilisé Internet dans les trois derniers mois), l’amélioration tient surtout à un effet de génération plutôt qu’à un rattrapage des usages.

Le niveau de diplôme joue également un rôle déterminant. Parmi les 60-74 ans titulaires au plus d’un CAP-BEP, 15 % sont en situation d’illectronisme et 47 % ont des compétences faibles. Chez les diplômés d’un bac+3 ou plus du même âge, ces proportions tombent respectivement à 2 % et 18 %.

Tous les domaines numériques ne sont pas maîtrisés de la même manière. La communication (courriels, messageries, réseaux sociaux) est largement acquise : 85 % de la population possède des notions avancées dans ce domaine.

La résolution de problèmes (consulter un compte bancaire en ligne, effectuer des démarches, rechercher un emploi) est également bien intégrée. En 2025, 83 % des internautes ont consulté leur compte bancaire en ligne.

En revanche, deux domaines concentrent les difficultés : l’usage des logiciels (traitement de texte, tableur) et la protection de la vie privée. Respectivement 23 % et 22 % des 16-74 ans n’ont aucune notion dans ces champs. Parmi les personnes aux compétences faibles, 60 % ne maîtrisent pas du tout les logiciels et plus d’une sur deux n’a aucune notion en matière de protection des données.

L’étude souligne également l’essor rapide de l’intelligence artificielle générative : 37 % des 16-74 ans déclarent l’avoir utilisée au cours des trois derniers mois. L’usage est massif chez les 16-29 ans (73 %) et culmine à 85 % chez les étudiants.

Mais cette diffusion reste socialement et numériquement marquée. Seules 18 % des personnes aux compétences faibles utilisent l’IA générative, contre 62 % de celles disposant de compétences avancées.

Parmi les non-utilisateurs, 60 % évoquent l’absence de besoin, 13 % le manque de compétences et 13 % des craintes liées à la vie privée.

Au-delà des mesures objectives, 15 % des Français disent se sentir dépassés par les évolutions numériques ou n’utilisent pas Internet. Ce sentiment grimpe à 25 % chez les personnes aux compétences faibles, et atteint 38 % chez les 60-74 ans concernés. À l’inverse, les plus jeunes, même lorsqu’ils présentent un niveau mesuré faible, expriment plus souvent un sentiment d’aisance.

 

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