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Bpifrance Le Lab
La dynamique entrepreneuriale des femmes s’installe sur une pente ascendante / Des caractéristiques et difficultés propres s'y révèlent
Ce n’est pas l’envie qui manque. Quelques mois après avoir publié son traditionnel Indice entrepreneurial français, Bpifrance Le Lab publie vendredi son volet dédié à l’entrepreneuriat féminin. Il en ressort qu’en 2025, 8 millions de Françaises étaient engagées dans la chaîne entrepreneuriale. Celle-ci regroupe les intentionnistes (volonté de créer ou reprendre une entreprise), les porteuses de projets, les cheffes ou les anciennes cheffes d’entreprises. Ainsi, 3 femmes sur 10 sont intégrées à cette dynamique, contre 2 sur 10 en 2018. « La tendance est claire : les Françaises veulent entreprendre, et le compteur progresse chaque année » a souligné Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, à l’occasion de la parution de l’étude. « Il faut continuer nos efforts collectivement pour qu’entreprendre au féminin devienne entreprendre tout court. Il nous faut davantage de modèles, encore plus de sensibilisation, et donner plus de visibilité à ces femmes qui ont décidé un jour de prendre les commandes d’une entreprise », a-t-il poursuivi
La hausse de la présence féminine dans la chaîne entrepreneuriale traduit une forme de constance sur ces dernières années, indique le laboratoire d’idées de la banque publique d’investissement, tandis que l’engagement entrepreneurial des hommes apparaît plus sensible à la conjoncture économique. La progression de leur ambition entrepreneuriale fait aussi écho au rapport qu’entretiennent les femmes à ce choix : en 2025, un quart d’entre elles considère que travailler à son compte représente la meilleure voie de carrière, en hausse depuis 2021.
Derrière cette dynamique, un certain nombre de facteurs moins positifs persistent néanmoins. Déjà, les femmes sont proportionnellement moins présentes dans la chaîne entrepreneuriale que les hommes, à hauteur de 3 sur 10 donc, contre 4 sur 10 pour les hommes. Certains facteurs socio-démographiques, à l’instar de la surreprésentation des femmes chez les seniors, qui sont naturellement moins installés sur ce terrain, et de certaines ruptures observées à compter de la trentaine – où l’écart de présence grandit entre les genres – sont à l’œuvre, explique Bpifrance Le Lab.
Franchir le cap
« La hausse de la participation des femmes à la chaîne en 2025 provient principalement de la progression des intentionnistes, tandis que la part des femmes, porteuses de projet et cheffes d’entreprise, reste plus stable », précise l’étude. Et si jusqu’à 30 ans, les femmes expriment autant (voire davantage) d’envie d’entreprendre que les hommes, leur engagement marque clairement le pas à l’aube de la trentaine. Leurs intentions chutent alors de moitié et elles deviennent proportionnellement moins nombreuses à porter un projet, à diriger ou à avoir dirigé une entreprise. « Ce décrochage, moins tranché chez les hommes, fait de la trentaine un moment clé dans la construction des écarts de genre. Résultats : c’est au tournant de la trentaine et en amont de la chaîne, chez les intentionnistes, que naît l’essentiel du 'gender gap' entrepreneurial », indique Bpifrance Le Lab.
Les cheffes d’entreprises et porteuses de projet ne sont, par ailleurs, pas plus craintives que leurs homologues masculins : peu importe le genre, 1 chef d’entreprise sur 4 et 1 porteur de projet sur 10 n’ont pas éprouvé de difficulté à mener leur projet. Les femmes, en revanche, expriment plus souvent que les hommes des inquiétudes à propos du niveau de revenu de l’activité, de la complexité administrative ou des tensions relatives à l’équilibre de vie professionnelle et personnelle. Des différences qui s’expliquent en grande partie par l’âge et les trajectoires personnelles, indique Bpifrance Le Lab, plutôt que par une différence intrinsèque de compétences ou de motivations.
Il reste aussi intéressant que noter que, chefs d’entreprise ou porteurs de projets, les hommes réalisent plus souvent des demandes de financement externe ou d’accompagnement que les femmes. « L’attitude face au risque étant la même quel que soit le genre du chef d’entreprise, cette autocensure des femmes peut faire écho à leur plus grande sensibilité aux aléas de revenu ou à leur plus grande crainte administrative », détaille l’étude. En conséquence de quoi, un quart des cheffes d’entreprises ont été accompagnées et financées dans leurs projets, contre un tiers chez les hommes. « À noter aussi que les porteuses de projet ont reporté leur projet en 2025 d’abord par manque de financement, et, bien plus que les hommes, en raison des risques encourus et d’un manque d’accompagnement professionnel », indique Bpifrance Le Lab.
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