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Macro-économie / Taux

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Guerre au Moyen-Orient : un surplus de TVA tout relatif sur les carburants / Il fait pâle figure à côté des effets collatéraux du choc

Le ministre du Budget, David Amiel, a expliqué qu’en mars, les recettes de TVA et d’accise sur les carburants avaient progressé de 270 millions d’euros en lien avec le choc de prix du pétrole. Les dépenses de soutien dévoilées par l’exécutif ainsi que le surcoût potentiel en termes de charges d’intérêts amènent à relativiser ce montant.
Photo par SEBASTIEN BOZON / AFP
Photo par SEBASTIEN BOZON / AFP

Un magot bien maigrelet tout bien considéré. Alors que d’aucuns accusent le gouvernement de profiter de la hausse des prix du pétrole pour redresser les finances publiques, David Amiel, ministre du Budget, a levé le voile sur ce qu’il en était depuis le début de la guerre en Iran fin février.

Pour mémoire, en France, le carburant est frappé par trois taxes : une TVA sur le produit, une accise (ex-TICPE) qui est une taxe fixe au litre et une TVA sur l’accise. Aussi, une augmentation du prix de la matière première (pétrole raffiné) n’a d’effet positif que sur le rendement de la TVA sur le produit.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Sur France Info, David Amiel, a indiqué que le surplus de TVA collecté en mars 2026 par rapport à mars 2025 s’élevait à 120 millions d’euros. En parallèle, l’accise, dont le rendement dépend donc des volumes vendus, a rapporté 150 millions d’euros de plus sur un an. « Il y a eu un surcroît de consommation début mars dans un contexte d’inquiétudes », a justifié David Amiel. Ces surplus sont peut-être temporaires étant donné que lors d’une hausse des prix des carburants, les automobilistes réduisent leur consommation. Aussi, à court terme, les rendements de l’accise et celui de la TVA devraient être pénalisés. David Amiel a dit d’ailleurs s’attendre à un mois d’avril difficile sur ce plan.

En face, le locataire de Bercy a rappelé que les mesures de soutien déployées par l’exécutif pour venir en aide aux secteurs en difficulté représentaient un coût de 70 millions d’euros (transporteurs, pêcheurs, agriculteurs) pour le mois d’avril 2026. De plus, le gouvernement a renforcé le chèque énergie à destination des ménages pour un coût de 60 millions d’euros.

Toujours du côté des dépenses, David Amiel a souligné que le coût supplémentaire en termes de charges d’intérêts de la dette pour 2026 pourrait atteindre 3,6 milliards d’euros en lien avec la hausse des taux d’intérêt.

Depuis le début de la guerre, le taux de la France à 10 ans a grimpé de 60 points de base (3,7 %) du fait des anticipations de hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE) et d’une inflation plus forte qu’escomptée. À noter que le ministre n’a pas précisé si le surcoût potentiel, généré par une inflation plus élevée qu’attendu, causé par les obligations indexées sur les prix à la consommation émises par l’État, était pris en compte dans ce montant.

Au-delà de ces considérations mensuelles, rappelons que les finances publiques de la France ne ressortent pas gagnantes d’un choc énergétique et ce même en l’absence de mise en place de mesures de soutien étatiques, comme le démontrent le modèle macroéconomique de la direction générale du Trésor conçu avec l’Insee ainsi que celui de la Banque de France.

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