Macro-économie / Taux
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Guerre au Moyen-Orient : pas de signaux inquiétants pour l’inflation française / La croissance devrait avoir résisté au premier trimestre
Les coûts grimpent, les prix suivent prudemment. En France, les retombées de la hausse du prix des hydrocarbures liée à la guerre au Moyen-Orient sur les prix de vente des entreprises semblent toutes relatives. C’est l’un des messages envoyés par l’enquête de la Banque de France réalisée auprès de 8 500 établissements (entre le 27 mars et le 3 avril).
Dans l’industrie, « les chefs d’entreprise soulignent la forte progression des prix de l’énergie, des matières plastiques et autres dérivés du pétrole », une pression qui « affecte en priorité les secteurs particulièrement exposés » comme la chimie, les équipements électriques ou encore les produits informatiques et électroniques. Dans les autres branches, en revanche, « les hausses de coûts restent modérées ».
Cette tension commence à se diffuser faiblement dans les prix de vente. « Les prix de vente augmentent dans les branches les plus exposées, mais de manière encore contenue », note l’enquête. En mars, « 11 % des entreprises industrielles déclarent avoir relevé leurs prix de vente », soit une proportion conforme à la moyenne historique. En parallèle, les baisses de prix sont moins fréquentes qu’habituellement : seules 2 % des entreprises industrielles signalent avoir diminué leurs prix, contre 5 % en temps normal.
Le mouvement pourrait s’intensifier à court terme. « Pour le mois d’avril, les entreprises de l’industrie sont plus nombreuses à envisager d’augmenter leurs prix de vente (23 %) », en réponse directe à « la progression du coût de leurs intrants ». Toutefois, « la grande majorité d’entre elles qualifient la hausse anticipée de modérée, suggérant une transmission limitée ».
Dans le bâtiment, la dynamique est similaire : « les prix des devis progressent modérément en mars », avec « une accélération attendue en avril ». Les services marchands restent, eux, plus stables : « les prix de vente sont jugés en très légère hausse au mois de mars », essentiellement dans les secteurs exposés « au renchérissement du prix des carburants (transport et entreposage) ». Ailleurs, « les prix évoluent peu, voire reculent », notamment dans la location, l’hébergement et les services d’études techniques. Environ « 10 % des chefs d’entreprise […] envisagent une hausse de leurs prix en avril », soit une proportion proche de la moyenne observée par le passé.
Sur le plan macroéconomique, les perspectives restent modestement positives. « Le PIB pourrait progresser jusqu’à 0,3 % au premier trimestre », selon la Banque de France. L’activité resterait soutenue par les services marchands, en particulier dans l’information-communication, les services aux entreprises et l’hébergement-restauration.
L’industrie bénéficierait d’un léger appui conjoncturel, tandis que la construction se contracterait légèrement, notamment en raison d’un recul des travaux publics, lié au cycle électoral. Les entreprises interrogées indiquent que le conflit au Moyen-Orient aurait eu un impact limité sur l’activité lors du premier trimestre.
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