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Vallourec entame 2026 sur des bases solides / Le groupe composera avec les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur les mois à venir
La séance boursière du jour devrait sourire à Vallourec. Le spécialiste des tubes sans soudure grimpe de plus de 6 % ce matin sur les marchés à Paris, à la suite de sa publication trimestrielle, s’affichant ainsi parmi les plus fortes hausses du SBF 120. Elle est en effet ressortie dans le haut de son intervalle de prévisions et supérieure aux anticipations du consensus des analystes. Avec une nouveauté à la clé : pour la première fois, les indicateurs de l’industriel sont exprimés en dollars. Un changement de devises qui suit une logique de lisibilité des comptes de Vallourec. « Notre premier marché est les États-Unis, où les contrats se traitent en dollars. Nous étions par ailleurs parmi les derniers acteurs de la profession à communiquer en euros. Cela nous permettra de limiter la volatilité de nos chiffres, induite par les variations de parité Euro-Dollar », explique Philippe Guillemot, président-directeur général du groupe, à WanSquare.
Dans l’ensemble, le résultat brut d’exploitation (RBE) de Vallourec a atteint 220 millions de dollars au titre du premier trimestre, soit environ 187 millions d’euros. Si la progression est mesurée sur un an, il dépasse les attentes des analystes : le consensus tablait sur un RBE de 175 millions d’euros, tandis que Vallourec avait indiqué une fourchette de 165 millions à 195 millions d’euros. La marge s’est de son côté appréciée de 200 points de base par rapport au trimestre précédent, à 22,6 %. Vallourec a également généré 135 millions de dollars de trésorerie, portant la trésorerie nette à 67 millions de dollars à la fin du premier trimestre. « Et ceci malgré l’exécution de notre programme de rachat d’actions que nous avons réalisé, en partie, au premier trimestre », précise Philippe Guillemot. Pour mémoire, le groupe avait en effet annoncé, lors de sa publication annuelle, vouloir entreprendre un programme de rachat d’actions de 200 millions d’euros d’ici à la fin du mois de juin. Ainsi, 107 millions de dollars (91 millions d’euros) ont déjà été déployés en ce sens à la fin du mois de mars. À l’horizon de la fin du mois d’août, en incluant l’enveloppe de dividendes, Vallourec prévoit de retourner 650 millions d’euros à ses actionnaires.
De quoi d'adapter
Alors que Vallourec réalise environ 20 % de son activité au Moyen-Orient, la publication aura aussi été l’occasion de préciser dans quelle mesure est-ce que le groupe a été, ou sera, touché par les répercussions de la guerre. L’impact, au premier trimestre, reste limité. D’abord parce que le conflit a éclaté à la toute fin du mois de février, restreignant donc ses conséquences sur le seul mois de mars. « Nos deux plus grands clients dans la région, que sont Saudi Aramco en Arabie saoudite et Adnoc aux Émirats arabes unis, ont tous les deux les moyens de continuer à exporter leur pétrole. Ils utilisent des voies alternatives au détroit d’Ormuz, grâce au pipeline allant sur la mer Rouge, ou celui qui le contourne pour aller dans le golfe d’Oman. Ils ont continué à être très actifs depuis le début de la guerre. Nous en avons bénéficié et allons continuer à les servir, en ayant développé des routes alternatives pour acheminer les tubes dont ils ont besoin », ajoute Philippe Guillemot.
Sur les mois à venir, les conséquences pourraient être plus tangibles. Dans plusieurs pays de la région - en Irak, au Koweït ou au Qatar -, certains clients du groupe ne peuvent effectivement plus exporter leur pétrole. Ce qui se répercute donc sur les volumes. D’un autre côté, des surcoûts pourraient aussi se faire jour, du fait des changements d’itinéraires opérés par Vallourec pour assurer les livraisons. « Ils auront vocation à être répercutés en grande partie sur les trimestres qui viennent, après discussion avec nos clients », indique le président-directeur général de Vallourec. Le deuxième trimestre de 2026 devrait ainsi représenter le point bas de l’année. Le groupe prévoit un RBE compris entre 175 et 205 millions de dollars au titre des mois d’avril, mai et juin. Pour l’heure, les reports de commandes ou retards d’expédition restent limités.
D’autres signaux de meilleur augure ont toutefois été à l’ordre du jour au premier trimestre, notamment en Amérique du Nord. Aux États-Unis, où l’activité a été en hausse, les importations de tubes continuent de reculer en raison des droits de douane, plus particulièrement pour les produits sans soudure. L’amélioration des fondamentaux dans le pays devrait entraîner une hausse des prix au troisième trimestre. Les prises de commandes y ont par ailleurs été soutenues au premier trimestre. En tout et pour tout, sur les trois premiers mois de l’année, le chiffre d’affaires du groupe a été de 975 millions de dollars, en baisse de 7 % sur un an, reflétant essentiellement une baisse des volumes.
Des retombées dans les nouvelles énergies
Les mois passés auront aussi permis à Vallourec de mettre sa diversification dans les nouvelles énergies bien en pratique, grâce à plusieurs annonces. Un premier partenariat, avec XGS, avait été révélé en janvier dans la géothermie. Au tout début du mois d’avril, le groupe faisait aussi savoir qu’il avait conclu un accord d’approvisionnement de long terme avec Fervo Energy, toujours dans la géothermie et pour des solutions co-développées, qui représente un potentiel de chiffre d’affaires de 800 millions de dollars d’ici à 2030. « Les ordres de grandeur parlent d’eux-mêmes, il est équivalent à la partie offshore de notre contrat conclu avec Petrobras jusqu’en 2030 », se félicite Philippe Guillemot. De quoi, en effet, confirmer une certaine dynamique et garder ainsi le cap sur les objectifs. Vallourec prévoit en effet que les nouvelles énergies représenteront de 10 % à 15 % de son Ebitda en 2030.
L’annonce de l’accord avec Fervo avait suscité de l’engouement sur les marchés. Et pour expliciter davantage ses activités dans la géothermie aux investisseurs, le groupe organisera une conférence dédiée au sujet le 15 juin prochain. « Ces technologies qui étaient auparavant en développement rencontrent désormais leur marché. L’arrivée de l’intelligence artificielle générative qui multiplie les besoins en datacenters nécessitant une électricité de base pour fonctionner, donne évidemment une impulsion positive à la géothermie avancée. Et si l’on prend du recul sur la situation géopolitique actuelle, le choc pétrolier que nous sommes en train de vivre va obliger tous les pays du monde à se poser sérieusement la question de l’électrification de leurs usages et des énergies primaires qu’ils pourront utiliser pour produire leur électricité. La géothermie est l'une des options », observe Philippe Guillemot. Au-delà de ce secteur, Vallourec est aussi présent sur le terrain du stockage d’hydrogène et du captage de carbone.
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