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Macro-économie / Taux

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France : une décennie qui a bouleversé le marché du travail / Plus de 80 % de la baisse du chômage structurel proviendraient des réformes

Une étude publiée par la Banque de France attribue l’essentiel du recul du chômage structurel observé, entre 2015 et 2025, aux réformes successives du marché du travail. Ordonnances travail, durcissement de l’assurance chômage, contrôle renforcé des demandeurs d’emploi et essor de l’apprentissage auraient durablement modifié le fonctionnement de l’emploi en France, malgré un taux de chômage encore élevé à l’échelle européenne.
Photo par MATHIEU THOMASSET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP
Photo par MATHIEU THOMASSET / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

En France, les réformes menées sur le front de l’emploi ces dix dernières années n’auraient pas été vaines. Une étude publiée par la Banque de France conduite par Antoine Devulder et Marco Palladino s’est essayée à mesurer leur impact sur la diminution du taux de chômage structurel de l’Hexagone. Pour rappel, le taux de chômage structurel est inobservable, il représente le taux de chômage ajusté des variations conjoncturelles et doit donc être estimé. Il est notamment le fruit des règles encadrant le marché du travail, de la fiscalité, du fonctionnement des institutions, de la structure de l’appareil productif ou encore du niveau de formation des travailleurs.

D’après l’étude de la Banque de France, il atteignait 7,8 % fin 2025, contre 9,1 % en 2015. Or, plus de 80 % (1,1 point) de cette baisse aurait été liée aux réformes entreprises par la France durant la décennie passée.  « Ces réformes ont porté à la fois sur la flexibilisation du marché du travail, les incitations à la reprise d’emploi par les chômeurs et les enjeux de formation de la main‑d’œuvre », rappellent Antoine Devulder et Marco Palladino. Les deux économistes identifient trois grands moteurs de cette transformation.

D’abord, les ordonnances travail de 2017, le renforcement des contrôles de recherche d’emploi et la réforme de la formation professionnelle de 2018. Cet ensemble de mesures aurait réduit le chômage structurel de 0,4 point.

Selon l’étude, ces réformes ont contribué à flexibiliser les relations de travail et à modifier les rapports de négociation dans les entreprises. « Les ordonnances travail sur la négociation collective (…) auraient plutôt réduit le pouvoir de négociation des salariés vis-à-vis de leurs employeurs », écrivent les auteurs.

Le deuxième levier d’importance  est la réforme de l’assurance chômage. Les changements de 2021 puis de 2023 représenteraient à eux seuls 0,6 point de baisse du chômage structurel. En réduisant les durées d’indemnisation et en durcissant les règles d’accès, ces réformes auraient renforcé les incitations au retour à l’emploi.

L'étude note que « les jeunes, les moins qualifiés et les personnes aux carrières discontinues ont eu tendance à accélérer leur reprise d’emploi » après la réforme de 2021. Quant à la réforme de 2023, qui introduit une modulation des droits selon la conjoncture économique, elle aurait déjà produit des effets tangibles : « la durée maximale moyenne d’indemnisation a reculé de 4 mois » pour les droits ouverts en 2024.

Enfin il y a eu l’apprentissage. Les aides massives à l’embauche d’apprentis mises en place depuis 2020 auraient surtout favorisé la hausse du taux d’emploi plutôt qu’une baisse directe du chômage. L’étude estime que ces mesures auraient réduit le chômage structurel de 0,1 point et augmenté durablement le taux d’emploi de 0,5 point.

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