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Macro-économie / Taux

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Pétrole : l'offre mondiale reprend des couleurs / Mais le marché reste suspendu au détroit d'Ormuz

Le redémarrage des exportations du Golfe permet un net rebond de la production mondiale de pétrole, selon l'Agence internationale de l'énergie. Mais cette amélioration demeure fragile : toute nouvelle escalade au Moyen-Orient pourrait remettre en cause le retour attendu d'un marché excédentaire.
Photo par ELKE SCHOLIERS / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP
Photo par ELKE SCHOLIERS / GETTY IMAGES EUROPE / GETTY IMAGES VIA AFP

Le brut revient, les produits raffinés manquent. Le marché pétrolier mondial retrouve progressivement des volumes, sans pour autant retrouver son équilibre. Dans son dernier rapport mensuel, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) constate un net rebond de l'offre en juin, grâce à la reprise partielle des flux pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz. Une amélioration qui fait retomber les cours du brut, mais qui ne suffit pas à desserrer les tensions sur les carburants.

La production mondiale de pétrole a ainsi bondi de 4,1 millions de barils par jour (Mb/j) en juin, pour atteindre 98,8 Mb/j. Ce redressement est essentiellement lié à la reprise des exportations des pays du Golfe après l'accord de cessez-le-feu temporaire entre les États-Unis et l'Iran. Les volumes exportés depuis la région ont augmenté de 6,5 Mb/j sur le mois, les pétroliers immobilisés dans le détroit d'Ormuz ayant pu reprendre la mer.

Pour autant, le marché est loin d'avoir retrouvé son niveau d'avant-guerre. La production mondiale reste inférieure de 9,4 Mb/j à celle observée avant le conflit, tandis que les exportations du Golfe demeurent largement en retrait par rapport à leurs niveaux habituels. Les producteurs ont notamment puisé dans leurs stocks flottants et terrestres pour répondre rapidement à la demande, limitant la hausse effective de la production.

Cette amélioration de l'offre en brut commence néanmoins à peser sur les prix. En juin, le Brent de référence en mer du Nord a perdu plus de 30 dollars par baril pour retomber autour de 68 dollars début juillet, effaçant l'ensemble des gains enregistrés pendant la guerre. Les cours sont toutefois remontés aux alentours de 77 dollars après la reprise des hostilités les 7 et 8 juillet, illustrant la forte sensibilité du marché aux risques géopolitiques.

L'AIE estime que le marché pourrait basculer vers un excédent dès la fin de l'année si les flux maritimes continuent de se normaliser. Dans ce scénario, l'offre mondiale progresserait de 7,5 Mb/j en 2027. Mais cette perspective repose sur une hypothèse importante : une désescalade durable permettant aux producteurs de remettre en service leurs capacités et aux raffineries du Moyen-Orient de reprendre leurs expéditions.

Et c’est là que demeure le principal point de tension. Si le brut circule de nouveau, les produits raffinés restent rares. Les raffineries exportatrices du Golfe n'ont toujours pas redémarré, tandis que les attaques contre les installations russes continuent de limiter les capacités de raffinage. En Asie également, les taux d'utilisation restent inférieurs à la normale. En conséquence de quoi, les marges de raffinage et les écarts de prix sur l'essence et le gazole ont atteint début juillet leurs plus hauts niveaux depuis quatre ans.

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