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Carvolix / Philippe Pouletty
Carvolix pose une première pierre en Arabie saoudite / La medtech française crée Carvolix Saudi LLC
La visite de Mohammed ben Salmane à Paris aura beaucoup fait parler des 6 milliards d’euros promis pour trois parcs d’attractions près de la capitale. Mais derrière cette annonce spectaculaire, plusieurs accords plus concrets à court terme ont aussi été dévoilés, notamment pour Alstom dans le métro de Riyad, CMA CGM dans le port de Djeddah ou encore Mistral AI. Au milieu de ces poids lourds, la medtech française Carvolix a elle aussi profité de la séquence pour avancer ses pions dans le Royaume.
Carvolix a annoncé l’incorporation à Riyad de Carvolix Saudi LLC, une filiale détenue à 100 %, première étape d’un projet qui pourrait conduire à la construction en Arabie saoudite d’une unité de production de dispositifs cardiovasculaires et neurovasculaires. La filiale existe désormais, mais l’usine reste potentielle : sa localisation est encore en cours de sélection et son financement doit être structuré. Philippe Pouletty, fondateur de Carvolix et directeur général de Truffle Capital, était lundi soir au dîner donné à l’Élysée par Emmanuel Macron en l’honneur du prince héritier saoudien.
Née du rapprochement d’Affluent Medical, Caranx Medical et Artedrone, Carvolix rassemble cinq dispositifs autour d’une même ambition : automatiser et simplifier des interventions cardiovasculaires ou neurovasculaires complexes grâce à l’intelligence artificielle, à la mini-robotique et à des implants biomimétiques. Philippe Pouletty expliquait au début du mois à WanSquare vouloir transposer dans la medtech la trajectoire suivie avec Abivax dans la biotech. « Pour une fois, j’aimerais que Carvolix devienne une medtech leader mondiale indépendante, ancrée en France », déclarait-il.
Une usine saoudienne en ligne de mire
Le projet saoudien donne désormais une dimension industrielle à cette feuille de route. Dans une première phase, l’usine pourrait produire le robot TAVIPILOT, ses cassettes stériles à usage unique et l’anneau KALIOS, avec une production commerciale envisagée à partir de 2028. Le site pourrait à terme représenter environ 250 emplois qualifiés.
TAVIPILOT est conçu pour aider le médecin à remplacer une valve du cœur devenue défaillante sans avoir à ouvrir le thorax, en guidant et en automatisant une partie de l’intervention. KALIOS répond à un autre problème : lorsqu’une autre valve du cœur ne se ferme plus correctement, cet anneau permet de resserrer son ouverture afin de limiter les fuites de sang, avec la possibilité d’ajuster son réglage après l’implantation.
Une seconde phase pourrait ensuite intégrer ARTEDRONE, un mini-robot conçu pour atteindre et retirer le caillot qui bouche une artère du cerveau lors d’un AVC, ainsi que MITRAPILOT, qui associe une valve cardiaque artificielle à un système robotisé destiné à automatiser son implantation.
« Nous sommes très enthousiastes quant aux perspectives d’une collaboration de long terme avec l’Arabie Saoudite, avec, dans un premier temps, la création d’une potentielle unité de production de pointe dédiée à des dispositifs médicaux innovants, pour répondre aux besoins médicaux et approvisionner les marchés à l’échelle mondiale », a souligné Philippe Pouletty.
L’enjeu du passage à l’échelle
Cette implantation saoudienne était toutefois en réflexion bien avant la visite de Mohammed ben Salmane. Début août, Philippe Pouletty indiquait à WanSquare que Truffle discutait depuis environ un an avec le gouvernement saoudien et de grands investisseurs locaux de la possibilité d’implanter une unité de production à Riyad ou à Djeddah. « La production d’un dispositif médical interventionnel fait partie intégrante du produit », soulignait-il alors. Le passage de la petite série à une production à grande échelle était, selon lui, indispensable : sans cette capacité, « vous n’existez pas ». La création de Carvolix Saudi LLC marque désormais une première étape dans ce projet.
De la coopération médicale à la biotech
Carvolix a assorti cette avancée industrielle d’un second volet, médical et scientifique. Avec Truffle Capital et sa nouvelle filiale saoudienne, la société lance SAF-MD, un programme de coopération franco-saoudien prévu initialement pour trois ans. Coprésidé par le chirurgien vasculaire français Stéphan Haulon et la cardiologue interventionnelle saoudienne Mirvat Alasnag, il doit organiser des échanges de médecins dans les deux sens, avec des périodes de formation et d’immersion pouvant aller de six mois à deux ans.
Le programme doit aussi servir de cadre à des travaux sur l’utilisation de l’intelligence artificielle et de la robotique dans les procédures cardiovasculaires et neurovasculaires, ainsi qu’à des projets de recherche et d’essais cliniques franco-saoudiens. « SAF-MD permettra l’échange d’expertises nécessaires à cette ambition », a souligné Philippe Pouletty, qui voit dans la création de la filiale saoudienne et le projet d’usine « un prolongement industriel majeur de cette vision ».
Au-delà de Carvolix, Truffle veut déjà élargir la coopération à la biotech. « Nous explorerons également d'autres axes de coopération en vue de créer dans le Royaume des entreprises franco-saoudiennes de biotechnologie, notamment pour développer des thérapies basées sur l'ARN messager contre les maladies rares et des anticorps monoclonaux à forte activité thérapeutique », indique Philippe Pouletty. Truffle, qui menait début août des discussions avancées avec une grande société de biotech spécialisée dans les ARN messagers, ouvre ainsi un second front dans le Royaume.
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