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Bridgepoint veut faire de BatiSanté un acteur européen / IK cède un groupe qui a doublé de taille
En avril 2022, lorsque IK Partners avait engagé des négociations exclusives pour en prendre le contrôle, BatiSanté revendiquait environ 500 techniciens et une position de leader en région parisienne. Quatre ans et 14 acquisitions plus tard, la société en compte plus de 1 000 et change à nouveau d’actionnaire. Bridgepoint a annoncé mardi la reprise d’une participation majoritaire auprès du fonds IK IX, aux côtés de l’équipe dirigeante de Nicolas Milesi, qui reste investie. Une nouvelle étape pour ce spécialiste français de la protection des bâtiments, auquel le fonds britannique entend désormais donner une dimension européenne.
Pour Bridgepoint, l'intérêt de BatiSanté tient autant à ses métiers qu'à son maillage commercial. Sécurité incendie, lutte contre les nuisibles, diagnostics ou entretien : ces prestations répondent pour partie à des obligations réglementaires et à des besoins réguliers des gestionnaires d'immeubles. Le groupe revendique 20 000 clients, plus de 200 000 bâtiments couverts et quelque 500 000 interventions annuelles. Une base qui lui permet de proposer plusieurs services aux mêmes syndics ou propriétaires, tout en intégrant de nouveaux spécialistes locaux. « BatiSanté est une entreprise exceptionnellement résiliente, dotée d’une position de leader en France et d’un solide historique de croissance », soulignent Vincent-Gaël Baudet et Louis Prothery, associés de Bridgepoint.
Du Luxembourg à Lyon
Sous IK, la croissance externe a changé l’échelle du groupe. Son chiffre d’affaires est passé d’environ 100 millions d'euros fin 2022 à 150 millions d'euros en 2024, selon In Extenso Finance, cabinet de conseil en fusions et acquisitions qui a accompagné plusieurs de ces rachats. La méthode consiste à racheter des spécialistes régionaux qui servent déjà des syndics, puis à leur proposer le reste du catalogue. En 2024, BatiSanté a ainsi repris C For Clean, société luxembourgeoise de nettoyage de 300 salariés : un premier pas hors de France, dans un nouveau métier, mais auprès de la même clientèle. En mai 2026, Milliery Cleanair et M. Tharin ont apporté à Lyon une activité de ramonage dont 64 % des revenus sont adossés à des contrats annuels. « Les entreprises qui nous rejoignent doivent avoir bâti une partie structurante de leur activité sur une base contractuelle stable et récurrente », expliquait Nicolas Milesi en juin 2025. Au-delà des prestations imposées par la réglementation, ces acquisitions permettent ainsi à BatiSanté d’élargir son offre à des services d’entretien réguliers, susceptibles de renforcer la récurrence de ses revenus.
Cette expansion s'est accompagnée d'investissements destinés à structurer un groupe devenu plus important. « Ensemble, nous avons considérablement renforcé notre équipe de direction, étendu notre couverture géographique, élargi notre expertise et investi dans les capacités nécessaires pour soutenir un groupe de plus grande taille », affirme Nicolas Milesi, qui évoque notamment un vaste programme de transformation informatique.
D’IK IX à Bridgepoint Europe VIII
Pour IK, l’opération ouvre la voie à des distributions aux souscripteurs d’IK IX, clos en 2020 à 2,85 milliards d'euros. La société de gestion a depuis levé IK X, clôturé en avril 2025 à 3,3 milliards d'euros. Wendel, qui détient 51 % d’IK Partners depuis mai 2024, ne bénéficie pas du carried interest d’IK IX, son droit à 20 % de cette rémunération de la performance ne concernant que les fonds levés après son entrée au capital. Il reste toutefois intéressé aux résultats de la société de gestion dont il est actionnaire majoritaire.
Côté acquéreur, le communiqué ne précise pas le véhicule mobilisé. Bridgepoint prévoyait toutefois que son fonds phare de capital-investissement européen, BE VII, passe le relais à Bridgepoint Europe VIII à la mi-2026. Ce dernier réunissait 7,8 milliards d'euros d’engagements début octobre et vise un plafond de 8,65 milliards d'euros d’ici à la fin de l’année, contre 7 milliards d'euros pour son prédécesseur. Il était déjà déployé à hauteur de 13 % à fin septembre, selon la dernière présentation financière de Bridgepoint.
Le prix de la transaction n'a pas été dévoilé et sa finalisation est attendue d'ici à la fin de l'année. La feuille de route prévoit d’accélérer en France, de s’implanter sur des marchés européens sélectionnés, d’élargir l’offre, d’investir dans la technologie et de poursuivre les acquisitions. Bridgepoint connaît bien la clientèle de BatiSanté : il est actionnaire de l’administrateur de biens Evoriel et l’a été de Foncia. Chez IK, Rémi Buttiaux et Vincent Elriz décrivent une plateforme « prête pour l’expansion internationale ».
Bridgepoint est conseillé dans cette opération par Evercore, Jefferies et D&A Corporate Finance pour le M&A, Alvarez & Marsal et Indefi pour les due diligences, ainsi que Latham & Watkins et Osborne Clarke sur les aspects juridiques. IK Partners s'appuie sur Rothschild & Co, Eight Advisory, Arsène et Willkie Farr & Gallagher. BatiSanté est accompagné par Claris, Callisto et A7TAX.
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