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Macro-économie
L’attractivité de la France au plus bas selon la CCI américaine
Connaître le moral des investisseurs américains au sujet de l’Hexagone est capital lorsque l’on sait que les Etats-Unis sont aujourd’hui la première source d’investissements étrangers créateurs d’emploi dans l’Hexagone. Ainsi, plus de 4000 entreprises américaines sont présentes en France où elles emploient plus de 440 000 salariés. Les résultats du baromètre de la Chambre de Commerce et d’Industrie américaine et Bain sur le sentiment des dirigeants de filiales françaises de sociétés américaines sont donc à ce titre fort instructifs : si 69% d’entre eux anticipent une stabilisation ou une légère amélioration du contexte économique sur les deux prochaines années, soit un léger regain d’optimisme par rapport à l’an dernier, l’attractivité de la France en tant que destination d’investissement a fortement chuté (à -74%).
Le seul sujet d'amélioration depuis 2011 est la qualification de la main d’oeuvre française, considérée par 47% des répondants comme plus attractive que d’autres Etats européens. En revanche, 81% d’entre eux estiment que le contexte économique et le climat social et de stabilité politique sont bien moins bons qu’ailleurs. Le coût de la manœuvre et la rigidité du temps de travail sont également cités comme des freins à l’investissement dans l’Hexagone. Au global, 80% des investisseurs américains ne recommanderaient pas la France à des collaborateurs étrangers !
Tout n’est pas si noir cependant et certaines mesures mises en place ou annoncées par le gouvernement suscitent tout de même l’adhésion des cadres américains installés en France. C’est le cas notamment du relèvement du taux du Crédit impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) de 4% à 6% qui devrait bénéficier aux investisseurs de leur type, selon eux. De même, les annonces du Conseil stratégique de l’attractivité de février 2014, tels que la simplification douanière et la mise en place d’un « passeport talent » constituent des mesures potentiellement efficaces. Seul bémol : les investisseurs craignent que la mise en œuvre de ces mesures ne soit compliquée.
Les attentes des investisseurs américains à l’égard du gouvernement Valls sont donc très importantes : « le message des répondants est clair », expliquent ainsi les auteurs de l’enquête. Ceux-ci souhaitent « des changements forts et visibles, permettant de contrebalancer les effets négatifs de certaines mesures passées telles que la taxe à 75% et qui soient symboliquement aussi marquants ». Sans surprise, Bain et l’AmCham recommandent à ce titre une réforme en profondeur du marché du travail, permettant de réduire les coûts et l’incertitude du licenciement pour les entreprises. « Aujourd’hui, les employeurs en France sont découragés d’embaucher en CDI comme le confirment les prévisions d’évolution des effectifs de notre baromètre pour l’année prochaine », expliquent les auteurs. En effet, 38% des répondants estiment que leur nombre de salariés dans leurs entreprises françaises diminuera en 2015 et ce, malgré une amélioration de leur moral. Autre recommandation de la Chambre de commerce et de Bain, une plus grande stabilité et prévisibilité de l’environnement fiscal, aujourd’hui perçu comme trop complexe et instable. Enfin, un allègement du poids de la fiscalité, qui selon les filiales américaines implantées en France a atteint un niveau dissuasif. A bon entendeur…
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