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A peine restructuré, Alma Consulting Group rebondit vite
Hervé Amar (photo ci-contre), le patron d'Alma Consulting Group depuis un an, n'aura pas tardé à délivrer ses promesses. Hier soir, le leader européen de conseil en optimisation de coûts a annoncé qu'il reprenait Lowendalmasaï, troisième acteur français du secteur, à son équipe de management et à BNP Paribas Développement, entré il y a seulement 18 mois lors du dernier MBO. Le groupe de 1300 salariés répartis dans neuf pays réalisant 164 millions d'euros de chiffre d'affaires s'adjuge ainsi un acteur générant 37 millions d'euros de revenus annuels et employant 360 salariés dans neuf pays, dont quatre complémentaires. Cette opération, au montant resté confidentiel et entièrement financée en numéraire,
fait suite à la procédure inédite de sauvegarde accélérée dont a bénéficié Alma Consulting Group en septembre dernier.
Pour rappel, le groupe avait dû faire face à une restructuration financière difficile pour rééchelonner les 430 millions d'euros de dette datant de son dernier LBO en 2007. Le schéma proposé par Hervé Amar rencontrait l'opposition de quelques créanciers et notamment de Marc Eisenberg, le fondateur du groupe, qui favorisait un rapprochement avec Leyton, numéro deux français du secteur. Grâce à la procédure de sauvegarde accélérée votée en juillet, la société a pu faire passer le projet de restructuration à la majorité et les créanciers, emmenés par Babson Capital, ont repris 80% du capital.
"Nous souhaitons nous redéployer vers des métiers complémentaires et élargir la couverture à d'autres territoires européens. Lowendalmasaï est l'actif le plus intéressant de ce point de vue", commente Hervé Amar. Les deux sociétés se complètent de façon optimale, selon les protagonistes de l'opération. Lowendalmasaï offre ainsi ses services dans des métiers non couverts par son acquéreur comme les achats stratégiques, lui apporte en outre une présence en Allemagne et en Italie, et le fait doubler de taille en Espagne et en Grande-Bretagne, où il atteint désormais une taille critique satisfaisante. "Nous sommes en train d'évoluer vers du conseil à plus forte valeur ajoutée, les besoins de nos clients ont radicalement changé ces trois à cinq dernières années", ajoute Hervé Amar. Qui compte également développer le conseil en subventions et en accompagnement des entreprises, segment prometteur.
Car dans une Europe à la croissance ralentie et en perte de confiance, les entreprises ont tendance à réduire leurs investissements, d'où des économies de coûts plus difficiles à trouver. Les réductions de forces commerciales et les baisses de dépenses de R&D sont en particulier les exemples les plus prégnants de cette vision à court terme, selon le président d'Alma. Dans un secteur en plein reconfiguration, deux des principaux acteurs français ont choisi la voie de la consolidation pour aller chercher plus de valeur ajoutée plutôt que de brader leurs tarifs. Et de ce point de vue, cette acquisition significative remplissait un nombre d'objectifs satisfaisants, plutôt que de multiplier des emplettes plus petites et ciblées.
Gagner des parts de marché et mutualiser les clients communs afin de proposer une palette plus large de services, tel est le pari gagnant selon Alma Consulting Group, qui indique avoir encore des capacités d'investissement élevées pour réussir l'intégration de cet acteur global du service aux entreprises.
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