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Saint Gobain/Sika : enfin le dénouement !
Tout arrive à point à qui sait attendre dit le proverbe. Près de quatre ans après une longue, âpre et opiniâtre guerre de tranchée entre Saint Gobain et le Suisse Sika, ceux-ci viennent de signer une paix des braves. Le passage en force de Saint Gobain ne pouvait de toute façon se concevoir tant les dirigeants du spécialiste de chimie de spécialité et une bonne partie de ses actionnaires étaient remontés contre le Français et s’étaient mis en position de résistance.
Le problème était né de la spécificité de la loi suisse permettant à un actionnaire de 16% de céder un bloc de contrôle évitant à l’acquéreur de lancer une OPA. Ce qu’avait cru de bonne fois Saint Gobain en mettant la main en 2014 sur cette pépite auprès de la famille fondatrice. Mais las, les responsables de Sika ne l’avaient pas entendu de cette oreille et n’avaient eu de cesse de mettre des bâtons dans les roues de Saint Gobain pour empêcher le deal. Y compris en mettant de leur côté de très gros fonds d’investissement américains et en multipliant les actions judiciaires. Sachant que tout l’establisment et les politiques suisses s’étaient aussi ligués contre le groupe de Pierre-André de Chalendar.
Ne restait donc plus qu’un retrait ou une négociation où tout le monde pourrait sortir par le haut. Et c’est finalement cette deuxième solution qui vient d’être présentée tôt ce matin. Pour faire simple, il est prévu que Saint Gobain rachète bel et bien la participation de la famille Burkard en ajoutant un petit reliquat (compte tenu de la hausse du titre en l’espace de 4 ans), soit 3,22 milliards de francs suisses (2,69 milliards d’euros). Sika rachète 6,97% de son propre capital auprès de Saint Gobain pour 2,08 milliards de francs suisses, avec au passage une belle prime par rapport au dernier cours de Sika en Bourse. Une AGE est prévue le 11 juin afin d’annuler les titres rachetés par Sika et surtout de transformer les anciens statuts pour donner à chaque action un seul droit de vote. Saint Gobain s’est engagé à voter favorablement à l’ensemble des résolutions, tandis que tous les représentants de la famille fondatrice vont démissionner du conseil. A l’issue de ce processus, le groupe français détiendra 10,75% du capital du Suisse et ne pourra aller au-delà pendant 4 ans. A cette échéance, il pourra monter jusqu’à 12,87% avec un droit de préemption pour Sika en cas d’un projet de cession de la part de Saint Gobain. Compte tenu de ces accords, toutes les actions judiciaires sont annulées. Sika, de son côté, à missionné UBS pour lui faciliter un crédit relais.
Que penser de cet accord ? Le groupe suisse sort plutôt gagnant puisque Saint Gobain ne récupère aucun contrôle et que malgré 10,75% du capital et des droits de vote, il n'a pas de représentant au futur conseil de Sika. Le Français débourse toutefois 1,14 milliard de francs suisses (954 millions d’euros) pour une très belle société appelée à un très bel avenir y compris boursier. Il met aussi un terme à une situation bloquée qui ne lui était pas vraiment favorable, tant d’un point de vue financier qu’en termes d’image. Saint Gobain s’inscrit d’ailleurs en tête des plus fortes hausses du CAC 40 de ce vendredi matin avec un gain de près de 3%. Le groupe de Pierre-André de Chalendar va maintenant pouvoir se concentrer sur d’autres projets de développement.
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