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Le rebond des matières premières ne durera pas longtemps
Le marché des matières premières est plutôt en forme depuis quelques mois, en particulier celui de l'acier et dans une moindre mesure du charbon, dont les prix ont respectivement progressé de 24% et 7% depuis le début de l'année. Le pétrole a de son côté repris près de 58% depuis son point bas de fin janvier, tandis que l'or a pris plus de 17% sur le premier trimestre.
Un regain de confiance des investisseurs dans les matières premières qui s'est également traduit par une hausse des flux entrants dans les indices matières premières, ETF et produits dérivés spécialisés dans les commodities, qui ont atteint 20 milliards de dollars sur janvier et février, soit le meilleur début d'année depuis 2001, selon des données compilées par Barclays.
Le rebond des prix de l'acier en Chine, dans la perspective de grands travaux de construction menés par les autorités dans le cadre de son mini programme de stimulus, et de manière plus générale la hausse du crédit chinois, ont contribué à cette embellie du marché des métaux. Si celle-ci pourrait se poursuivre jusqu'à la fin du second semestre, le pétrole semble en voie de subir un nouveau contre-coup si la Fed reporte une fois de plus sa décision de resserrement monétaire (faisant baisser le dollar et du même coup le pétrole). Surtout, selon les analystes de Goldman Sachs, la rallye constaté depuis le début de l'année ne devrait pourtant pas perdurer ou signaler le début d'un cycle haussier, puisque les fondamentaux économiques n'ont en réalité pas changé.
D'une part parce que la hausse du prix de l'acier et du pétrole résulte d'un ajustement transitoire de l'offre (grâce à un phénomène temporaire de déstockage) mais que le problème de surcapacité dans les deux secteurs n'est en rien résolu. "Nous estimons que la baisse actuelle de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis ne suffira pas à compenser l'arrivée de la production iranienne bon marché". Un avis que ne partagent pas tous les experts. Ainsi, selon Roberto Cominotto, gérant sur le secteur énergie chez GAM Insight, la baisse de la production outre-Atlantique devrait entraîner un retournement de tendance durable sur le marché de l'or noir. "Comme la demande va quant à elle rester forte, la surproduction devrait être absorbée durant le second semestre 2016, ce qui se répercutera sur les prix", explique le gérant.
Du point de vue du marché de l'acier plus spécifiquement, la politique de soutien au secteur de la construction menée par les autorités chinoises a naturellement soutenu le secteur, poursuivent les analystes de Goldman Sachs. Mais la demande n'a pas évolué dans le reste du monde, et le gouvernement de Pékin pourrait décider de ralentir son soutien, une fois que les risques sur la croissance seront dépassés.
Enfin, la hausse des prix des matières premières a également résulté de la politique finalement plus accommodante que prévu menée par la Fed, qui craignait elle-même un ralentissement chinois. Or, "l'économie mondiale semble désormais repartie sur des bases plus solides, et Yellen devrait finir par remonter ses taux, au risque de perturber de nouveau la croissance", expliquent les économistes de Goldman Sachs. Si le programme de stimulus mené par le gouvernement peut soutenir le marché de l'acier au moins jusqu'à la fin du deuxième trimestre, la tendance pourrait se retourner dès la fin du mois de juin.
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