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SoLocal s’embourbe encore plus
La série « SoLocal en difficulté » continue. Episode du jour : la suspension de la cotation de son titre jusqu’à jeudi. La société avait annoncé vendredi dernier sur son site internet, un report de la publication de ses résultats semestriels à ce matin. Or, en lieux et place de ses résultats, SoLocal a demandé à Euronext la suspension de la cotation de son titre, jusqu’à jeudi. D'ici là, elle devrait communiquer sur sa restructuration financière. Une publication qui interviendrait alors même que le Tribunal de Commerce de Nanterre a ordonné, jeudi dernier, le remplacement du mandataire ad-hoc, Frédéric Abitbol nommé fin juin, par Hélène Bourbouloux.
En effet, les petits porteurs mécontents, regroupés au sein de l’association RegroupementPPLocal, avait demandé au Tribunal de Commerce le remplacement de Frédéric Abitbol, considérant que ce dernier n’était pas neutre dans son mandat. Les actionnaires soulevaient ainsi que « tout était déjà verrouillé entre le management et les créanciers et que Frédéric Abitbol n’était que la caution de cet arrangement ». Ce dernier, aurait permis au management de négocier une augmentation de capital sur la base de 2 euros par action, ce qui serait très dilutif pour les actionnaires. Beaucoup d’entre eux sont entrés au capital de SoLocal en 2006 à 600 euros, voire, lors de la dernière augmentation de capital de 440 millions d’euros, en mars 2014, à 15 euros par action. En demandant le remplacement de Frédéric Abitbol, les actionnaires espéraient repousser la communication du groupe sur ses résultats et son plan de restructuration de la dette, prévue au plus tard le 28 juillet. Force est de constater que le management n’a semble-t-il pas tenu compte de ce remplacement pour remettre à plat son plan de restructuration. Or, le mandataire ad hoc est censé participer aux négociations avec les créanciers.
Pour être mieux armés face à un tel comportement, les actionnaires de SoLocal ont fait appel à de nouveaux actionnaires, plus impliqués et activistes. La semaine dernière, Arnaud Marion et Didier Calmels sont entrés dans la bataille, les deux actionnaires détenant 0,8% du capital, mais avec la ferme intention d’être des interlocuteurs privilégiés du management et des créanciers, afin de déboucler cette situation financière intenable. Car l’entreprise, doit faire face à une dette de 1,1 milliard d’euros, faisant suite au LBO de Goldman Sachs et KKR en 2006. Mais la société qui a pourtant réussi son virage digital et qui dispose d’une activité rentable, voit le tiers de son résultat aller au remboursement de la dette. Une situation qui vaut à la société un manque de communication avec ses actionnaires, qui se sentent de plus en plus floués. La Bourse, de son côté, n'est pas tendre qui malmène le titre depuis plusieurs mois. L'action, qui cotait encore 12,14 euros il y a un an, a clôturé vendredi à 3,39 euros.
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