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Pétrole, le marché ne croit plus aux promesses de l'OPEP

Le cours du Brent s'est effondré de près de 4% sur la journée d'hier, pour atteindre un plus bas depuis l'accord de l'OPEP en novembre. Les investisseurs remettent en cause l'efficacité de l'organisation à agir sur le marché de l'or noir, alors que la production de schiste américaine est repartie en flèche. 
Ali Al-Naimi -(Arabie saoudite - Pétrole
Ali Al-Naimi -(Arabie saoudite - Pétrole

Coup de froid sur le marché du pétrole . Le Brent a fléchi de 5% sur la journée d'hier, franchissant à la baisse la barre des 50 dollars, et se traitait aujourd'hui à 48,33 dollars, contre 50,9 le 2 mai et surtout contre 56 dollars il y a un mois. Le baril a ainsi atteint un plus bas depuis fin novembre, lorsque les membres de l'OPEP avaient annoncé qu'ils acceptaient de réduire leur production quotidienne de 1,2 million de barils par jour, à partir de janvier 2017. Leur annonce avait mis fin à près de deux ans et demi de blocage, où l'Arabie Saoudite refusait de baisser ses niveaux de production, afin de peser volontairement sur les prix et ainsi gêner les producteur de schiste américain, dont l'exploitation n'était plus rentable tant que le pétrole restait trop bas. 

Principal facteur de cette soudaine chute des prix, la forte hausse de la production de pétrole et gaz de schiste côté américain. La production américaine est ainsi à son plus haut niveau depuis août 2015, et en hausse pour la onzième semaine consécutive alors que de nouveaux puits sont ouverts toutes les semaines. Par ailleurs, la Libye, qui ne fait pas partie de l'OPEP, a également annoncé que sa production était au plus haut depuis 2014. L'offre de pétrole est donc en forte croissance alors que la demande n'a pas progressé et pourrait même ralentir, si la croissance chinoise est moins  moins forte que prévu, comme le redoutent les marchés. Les autorités du pays ont effectivement durci les règles d'accès au crédit pour enrayer le risque de bulle, qui pourrait peser sur le PIB chinois dans les prochains mois. "Les marchés ne croient plus en la capacité de l'OPEP à influencer les prix du pétrole", estiment les équipes de Barclays. "Le baril a effacé tous ses gains depuis l'accord de fin novembre, alors que celui-ci tarde manifestement à désengorger le marché", explique de son côté Olivier Fabre, d'Amboise Associés. 

Les pays de l'organisation se réunissent justement le 25 mai prochain, et devraient prolonger l'accord de novembre, qui devaient initialement durer 6 mois seulement. Le ministre du pétrole du Nigéria a ainsi laissé entendre que la réduction de la production serait prolongée de six mois supplémentaires. Il n'est cependant pas certain que cela suffise à contrebalancer l'excédent d'offre : "la baisse des coûts marginaux de production dans l'industrie américaine du pétrole ainsi que la forte hausse des exportations d'or noir du pays devraient affaiblir les efforts de l'OPEP pour faire repartir les prix", estime  James Butterfill, directeur de la recherche chez ETF Securities. A ce titre, la première livraison américaine de pétrole de schiste, arrivée dans le port de Singapour ce matin, est révélatrice de l'accélération de la production USA. Sachant que Donald Trump a signé la semaine dernière un executive order  pour étendre l'exploitation des champs de pétrole offshore dans l'Arctique. La guerre des prix entre les Etats-Unis et les pays du Golfe est donc loin d'être terminée, et la réunion de l'OPEP dans deux semaines sera certainement l'occasion pour les pays du Golfe de durcir leur discours. 

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