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Eurazeo est suspendu à l'IPO d'Europcar

Le holding d'investissement coté a affiché une croissance solide en 2014, mais est tombé dans le rouge à cause de charges sur Europcar. Après avoir réussi l'introduction d'Elis, il compte sur celle du loueur de voitures d'ici à l'été.
Philippe Audouin Eurazeo
Philippe Audouin Eurazeo

Virginie Morgon, la directrice générale d'Eurazeo, l'a affirmé elle-même lors de la présentation des résultats annuels: "Toutes les énergies d'Eurazeo sont concentrées sur la réussite de l'IPO d'Europcar". Il faut dire que le holding d'investissement coté n'a pas réussi à maintenir ses profits l'an passé, en partie à cause des charges passées sur le loueur de voitures.

Le groupe a pourtant publié une topline satisfaisante, avec chiffre d'affaires en hausse de 7,1% à périmètre constant à 5,4 milliards d'euros. "La hausse de 7% de notre chiffre d'affaires économique 2014 équivaut à dix fois celle de la zone euro et il a même connu une
accélération à +9% au deuxième semestre", plaide Philippe Audouin, directeur financier d'Eurazeo. La contribution des sociétés nettes de leur coût de financement, un critère utilisé par la société, est également en hausse de 50%. Mais l'investisseur a vu ses charges exceptionnelles bondir à 283 millions d'euros, ce qui a impacté sa rentabilité et a fait passer son résultat net dans le rouge. Il accuse ainsi une perte nette de 89 millions d'euros, contre un profit de 644 millions l'an passé. Plus de la moitié vient de chez Europcar, où la maison-mère a dû faire face à des coûts de restructuration, au remboursement anticipé de deux lignes de financement en Grande-Bretagne et en Europe, à des provisions pour litiges et à l'abandon des marques Alamo et National.

Pourtant, Eurazeo n'a pas chômé en 2014 et a oeuvré à la rotation de son portefeuille avec 18 investissements pour un total de 610 millions d'euros, dont 120 millions de build-up sur ses participations. Et si la réduction du nombre de sorties par rapport au millésime 2013 record explique notamment l'absence de profits l'an passé, il a nénamoins bouclé celle de Rexel pour quelque 500 millions d'euros. La preuve que les acquisitions de groupes cotés appartiennent définitivement au passé. Eurazeo ne détient d'ailleurs plus que sa position historique de près de 9% au capital d'Accor, détenue depuis dix ans maintenant.

La Bourse est en revanche une solution de sortie à long terme, à travers les IPO. Eurazeo a réussi le test avec la mise en Bourse d'Elis il y a un mois, qui a certes dû fixer son prix d'entrée au bas de la fourchette mais dont le titre s'est bien maintenu depuis. "Elis a rattrapé sa décote d'IPO, ce qui montre que le prix proposé au marché lors de l'introduction en bourse était le bon prix", juge Philippe Audouin.

La prochaine étape est celle d'Europcar d'ici à la fin du semestre, à laquelle le directeur général Philippe Germond, venu du PMU il y a seulement six mois, oeuvre de pied ferme. Le groupe entre dans la deuxième partie de son plan de transformation FastLane, mais les charges seront moins importantes qu'en 2014. Le marché va-t-il acheter cette histoire de recovery, sur fond de retour de la croissance en Europe? Il ne faut pas sous-estimer l'euphorie boursière actuelle, liée au quantitative easing de la BCE. Mais il faudra calibrer très justement, entre augmentation de capital, refinancement de la dette et cessions d'actions.

En attendant, Eurazeo dispose de 700 millions d'euros de trésorerie, de larges munitions pour profiter des opportunités de marché."Nous avons remis six offres fermes depuis le début de l'année, dont InVivo NSA. Un deal dans le secteur de la santé où nous étions encore peu présents, hormis avec Péters Surgical (suture
chirurgicale) et Colisée Patrimoine (maisons de retraite)", analyse Philippe Audouin. La Bourse, elle, n'a retenu que les comptes dans le rouge et a fait chuter le cours de 2,3% à 65,4 euros aujourd'hui. Mais après avoir bien progressé depuis le début de l'année, Eurazeo n'affiche plus qu'une décote de 12% sur un ANR qui avait gagné 10% depuis fin 2013.


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