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EDF n'en a pas fini avec les difficultés de ses EPR
La France, sous la houlette d’Emmanuel Macron lorsqu’il était à Bercy, s’est lancée dans une vaste et onéreuse stratégie d’expansion de sa filière nucléaire. Non sans mettre sur le devant de la scène, et à quel prix, son principal bras énergétique : EDF. Aujourd’hui, le groupe dirigé par Jean-Bernard Levy est donc sur tous les fronts, se retrouvant aussi bien gestionnaire que fabricant de centrales nucléaires. Et ce, depuis que l’Etat lui a imposé de racheter la majorité du capital d’Areva NP en complète déconfiture. La manne publique ne reste, certes, pas inactive puisqu’elle vient d’injecter 3 milliards d’euros d’argent frais, alors qu’une augmentation de capital d’un milliard a parallèlement été organisée.
Mais l’entreprise publique n’en continue pas moins de rencontrer des difficultés avec la construction de ses différents réacteurs. Comme en témoignent les annonces faites ce matin à propos du projet britannique d’Hinkley Point : « Les coûts à terminaison du projet sont désormais estimés à 19,6 milliards de livres sterling, en augmentation de 1,5 milliard par rapport aux évaluations précédentes », souligne la firme qui précise aussi qu’au regard des retards prévisibles de livraison, le TRI pour EDF devrait revenir à 8,2% contre 9% initialement. Pas de quoi rassurer sur la dérive des coûts de fabrication des réacteurs de type EPR, lesquels ne cessent de connaître des retards de construction, même si les équipes de la firme française se veulent rassurantes.
Dérives qui ne sont pas non plus pour satisfaire les différents partenaires chinois et japonais de l’électricien, lequel est d’ailleurs actuellement en train d’essayer de convaincre de nouveaux investisseurs de monter au capital d’Areva NP, pour n’en conserver qu’une courte majorité (contre 75% dans le schéma initialement prévu). Pour l’heure, le japonais MHI a déjà dit qu’il serait preneur de 15%, tout comme le Français Assystem (5%). Le chinois CGN serait également intéressé, mais les négociations sont compliquées.
Quoi qu’il en soit, les prochaines années seront à haut risque pour l’entreprise publique. Non pas tant en raison du niveau de sécurité des réacteurs en construction, mais bien au regard de son bilan, le niveau de l’endettement demeurant à un niveau extrêmement élevé alors que la rentabilité ne suit pas. En outre, si EDF pensait pouvoir surfer sur le fantastique essor de l’énergie nucléaire en Chine pour se refaire une santé, il se retrouve dorénavant en concurrence frontale avec certains constructeurs à cause d’Areva NP.
Pas de quoi pavoiser, donc, même si l’action s’est bien reprise ces trois derniers mois (elle a enregistré un rebond de 24% sur la période) lui permettant de s’adjuger presque 10% depuis le début de l’année. Le titre avait, il est vrai, touché un plus bas historique de 7,30 euros en mars dernier, après avoir frôlé les 77 euros en 2007.
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