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Publication des résultats / Actualité des sociétés

EDF en mode séduction des investisseurs

Jean-Bernard Lévy, le patron de l'énergéticien a présenté des résultats annuels conformes aux dernières prévisions mais globalement en repli. Il prédit des jours meilleurs si le gouvernement consent une "légère hausse des tarifs". L'augmentation de capital de 4 milliards d'euros est dans les starting-blocks.
Jean-Bernard Lévy
Jean-Bernard Lévy

Jour J pour EDF qui publie ce jour ses résultats annuels 2016 et annonce le projet d'une augmentation de capital de 4 milliards d'euros d'ici à la fin mars. L'énergéticien entre donc dans le dur avec deux challenges de poids : démontrer que la mariée est suffisamment belle pour attirer le chaland à l'occasion de sa levée de fonds (sur les 4 milliards, l'Etat souscrit pour 3 milliards mais il restera 1 milliard à trouver sur les marchés) et sensibiliser les pouvoirs publics sur l'impératif besoin de bénéficier d'une hausse des tarifs, ce qui, en ces temps de promesses électorales, n'est pas gagné.

Jean-Bernard Lévy, le patron d'EDF avait donc du pain sur la planche ce matin pour réussir ce pari quelque peu schizophrène. Côté résultats et perspectives, EDF a connu un exercice 2016 assez contrasté. Ses performances ont effectivement été pénalisées par la baisse des prix de marché de l'électricité et de sa production nucléaire en France. Son cash flow libre (indicateur qui permet de traduire la capacité du groupe à financer ses investissements et le versement de son dividende) s'est encore inscrit dans le rouge, mais dans une moindre mesure par rapport à l'année précédente à -1,6 milliard d'euros contre –2,1 milliards. Il a par ailleurs enregistré un résultat net courant de 4,08 milliards d'euros (-15,3%), un Ebitda de 16,41 milliards (-6,7%) pour un chiffre d'affaires de 71,2 milliards (-5,1%), tandis que son résultat net part du groupe – qui avait été lourdement impacté en 2015 par d'importantes dépréciations d'actifs - a bondi de 140% à 2,85 milliards.

"Les résultats 2016 d'EDF prouvent que nos fondamentaux sont solides. Nous pensons que 2017, comme prévu, sera encore difficile mais que 2018 sera l'année du rebond", a pourtant tempéré Jean-Bernard Lévy qui a également confirmé l'hypothèse d'un cash-flow positif en 2018. Quant à l'Ebitda, le numéro un d'EDF le voit s'établir à plus de 15,2 milliards d'euros l'an prochain. Il a pourtant martelé, une fois encore, que pour relancer véritablement la machine, il devait pouvoir compter sur une "légère hausse des tarifs".

L'Etat va-t-il s'y soumettre alors qu'à plusieurs reprises il a préféré l'évitement ? Celui-ci s'apprête, certes, à être sérieusement mis à contribution pour renflouer cette participation (à 85%), financièrement malade. D'abord en acceptant une baisse régulière et graduelle du dividende versé par l'énergéticien, comme annoncé ce matin. De 60% le taux de distribution devrait ainsi passer à 45% (au titre de l'exercice 2016, l'Etat devrait encore recevoir l'équivalent de 2,1 milliards qu'il a accepté de percevoir sous forme d'actions). La manne publique s'apprête surtout à remettre au pot à hauteur de 3 milliards d'euros lors de la prochaine augmentation de capital organisée par Société Générale CIB, BNP Paribas, HSBC et JP Morgan. Il faut dire que le groupe français se fait tordre le bras en  récupérant l'activité réacteurs d'Areva, Areva NP qu'il va devoir payer 2,5 milliards d'euros, alors que le projet d'investissement pharaonesque d'Hinkley Point n'a pas fait l'unanimité en interne.

L'ensemble de ces annonces sont diversement accueillies par les marchés ce matin, l'action refluant de 1%. EDF s'apprête, il est vrai, à vivre des heures tumultueuses au rythme des challenges à relever ces prochains mois : Jean-Bernard Lévy a notamment précisé qu'il comptait encore céder pour 10 milliards d'euros d'actifs d'ici à 2020, il doit réussir l'acquisition et l'intégration d'Areva NP, finaliser le financement d'Hinkley Point tout en satisfaisant les susceptibilités du gouvernement britannique et à plus court terme susciter l'intérêt des investisseurs dans le cadre de sa levée de fonds. La vie du titre en Bourse est de toute façon malmenée depuis plusieurs années, le recul sur 5 ans atteignant 50%, celui sur un an 10%, alors qu'il lâche déjà 3,5% depuis le début 2017. La valeur, exclue du CAC 40 il y a deux ans, pâtit des déboires financiers du groupe et du déséquilibre manifeste entre sa capacité d'endettement et le poids des investissements envisagés.

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