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JP Morgan limite la casse au premier trimestre et fait bondir Wall Street

La banque dirigée par Jamie Dimon a vu son profit trimestriel chuter de 6,7% en raison de la faiblesse du trading, soit un chiffre bien meilleur qu’anticipé. Une nouvelle applaudie par le marché, qui a choisi d’ignorer l’échec des «living wills» des principales banques US.
Jamie Dimon - JP Morgan
Jamie Dimon - JP Morgan

Fidèle à son habitude, JP Morgan a lancé le coup d’envoi des résultats trimestriels des grandes institutions de Wall Street, pour lesquels les analystes voyaient rouge. Selon les données de Thomson Reuters, le consensus anticipait ainsi une baisse moyenne de 20% des profits des banques américaines sur les trois premiers mois de l’année. Mais la banque dirigée par Jamie Dimon est parvenue à limiter les dégâts, au terme d’un premier trimestre marqué par le violent décrochage des marchés.

JP Morgan a ainsi annoncé une baisse de 6,7% de son profit trimestriel à 5,53 milliards de dollars, soit 1,35 dollar par titre alors que les analystes n’attendaient en moyenne que 1,26 dollar. Et ses revenus ont baissé de 3,2% à 24,08 milliards de dollars, impactés par l’activité de banque d’investissement, dont les commissions reculent de 25% à 1,32 milliard de dollars notamment liées à la chute de 20% du marché des M&A. Le patron de cette division, Daniel Pinto, avait déjà prévenu en février que l‘activité était en chute de 20% en raison de la faiblesse des marchés actions comme dette. Cela a impacté la rentabilité de la banque, dont les profits ont décroché de 22% côté banque d’investissement. Elle a tenté de compenser en rognant sur les coûts, en baisse de 7% globalement à 13 ?84 milliards de dollars. Mais cela n’a pas suffi à maintenir le rendement des fonds propres, qui a reflué à 9% en ce début d’année, contre 11% l’an passé.

La première hausse des taux décidée par la Fed n’aura été qu’un maigre coup de pouce à la banque, dont la marge nette d’intérêt n’a progressé que de 2,23% fin 2015 à 2,3% en ce début d’année. En revanche, les dangers liés à la chute des prix de l’énergie ne sont pas à ignorer et JP Morgan a provisionné 1,82 milliard de dollars pour parer au coût de prêts non performants, soit deux fois plus que l’an passé. Malgré tout, Jamie Dimon s’est montré optimiste sur l’année en cours et a jugé que « la consommateur américain reste en bonne santé et les tendances de crédit à la consommation sont favorables », illustré par une hausse de 12% de la banque retail. Et n’entrevoit pas de récession cette année, même si la volatilité récente des marchés incite à la plus grande prudence. Et a jugé que la situation de liquidité de JP Morgan était « exceptionnelle », une façon de retoquer les actionnaires et investisseurs qui réclament depuis plusieurs mois une scission de la banque en plusieurs entités.

Le marché a très bien accueilli cette salve de chiffres meilleurs qu’attendu et fait grimper le titre JP Morgan de 3,6% mais aussi ses confrères de Wall Street. Il a ainsi mis de côté une autre actualité moins glorieuse pour la banque : la Fed et la FDIC ont rejeté les « living wills » (plans de simulation de faillites) de cinq des huit principales institutions de Wall Street, dont JP Morgan, Bank of America et Well Fargo. Les deux régulateurs ont décelé des manquements dans les plans qui ont été présentés, et ont donné aux institutions jusqu’au 1er octobre pour les corriger.

Mais la relative résilience de JP Morgan au premier trimestre peut-elle préjuger de ce qui sera annoncé par ses consoeurs dans la foulée ? Rien ne permet de le prédire car la banque a pu compenser la baisse de l’énergie et du trading dans d’autres segments, alors que certaines concurrentes pourraient souffrir plus fortement de ces vents contraires. Bank of America et Wells Fargo, plus protégées car exposées au retail, publieront leurs résultats jeudi, tandis que Morgan Stanley et Goldman Sachs dévoileront leurs performances lundi et mardi prochain.


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