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A New York, l'opération séduction de la French Tech
Le marché américain peut être une jungle fatale aux start-up françaises, et Artemis, la holding de la famille Pinault, l’a bien compris puisqu’il a annoncé hier le closing de Red River West, un fonds de 100 millions d’euros ayant pour but de les accompagner, et dans lequel ont abondé la famille Peugeot et des entrepreneurs américains. Une excellente publicité pour la French Touch conference, grand-messe de la tech française à New York qui tient mardi et mercredi sa troisième édition. Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’Etat au Numérique, a fait le déplacement pour délivrer un message aux entrepreneurs : « la France est une terre d’accueil pour qui veut créer, innover et développer son entreprise », a-t-il martelé. Le but assumé est de renverser la fuite des cerveaux et de devenir, cette fois, la destination de ces talents.
Les acteurs de la tech américaine sont déboussolés par le protectionnisme de la nouvelle administration en matière de visas ? Le gouvernement Macron a lancé en grande pompe le French tech visa, un visa destiné à faciliter l’installation des entrepreneurs étrangers – et notamment américains – dans l’Hexagone. Une mesure qui avait déjà été initiée par la précédente Madame Numérique, Axelle Lemaire, mais qui a cette fois encore plus de résonnance outre-Atlantique.
Du côté des start-up, Mounir Mahjoubi a confirmé l’annonce faite par le Président français, qui avait lancé mi-juin un fonds de 10 milliards d’euros dédié au financement de l’innovation. Le but est de combler le déficit de financement, notamment pour les tours de table de type série C et ultérieurs, au moment où les start-up ont du mal à lever de grosses enveloppes et sont plus fragiles face à une offre de rachat étrangère - par exemple américaine. Le nouveau gouvernement délivre ainsi sur une de ses promesses de campagne, mais pas de détail en revanche sur le financement de cette enveloppe, à l’heure où la France est confrontée aux remontrances de Bruxelles sur l’objectif budgétaire d’un déficit à 3%.
Fidèle à l’esprit pro-européen du nouveau gouvernement, Mounir Mahjoubi a également insisté sur la nécessité de « jouer européen » en termes d’innovation, et mentionné un autre élément du programme Macron : un fonds européen de capital risque, dont le montant et le financement sont encore inconnus.
Si les déclarations d’intentions sont encore fraîches, l’écosystème tech américain est sans aucun doute touché par un effet Macron, entre espoir et optimisme, teinté d’attentisme. La nouvelle administration française a certes pioché quelques-unes des bonnes pratiques de la tech américaine, en particulier appliquer le « droit d’échouer », véritable cheval de bataille du candidat Macron. Mais les VCs américains ont aussi à cœur d’être rassurés sur l’environnement fiscal français, lutter contre la complexité et surtout son instabilité, un défaut rédhibitoire pour tout investisseur étranger. De ce point de vue, la réforme de l’impôt sur les sociétés – et en particulier des start-up - sera attendue de pied ferme par les acteurs, qui croient de moins en moins au grand soir fiscal promis par Donald Trump.
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