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Total va-t-il s'endetter pour verser son dividende ?
Economistes, conjoncturistes et gérants de portefeuille multiplient les réunions en ces premiers jours de janvier pour tenter de brosser les grandes lignes de 2015. Les uns y voient le grand retour en force des valeurs cycliques, d’autres recommandent au contraire de se focaliser sur les sociétés offrant de bons rendements. Les avis divergent tout autant sur l’opportunité de se positionner ou non sur les valeurs américaines compte tenu de leurs valorisations actuelles. Ces spécialistes sont toutefois relativement unanimes pour conseiller d’aller sur des actifs proposant des revenus réguliers susceptibles de contrebalancer l’absence de rendement offert actuellement par les placements obligataires. Dans ce sens, les actions donnent, certes, l’avantage de pouvoir allier croissance et rendement pour celles qui délivrent des bénéfices en belle progression tout en versant de généreux coupons.
Mais selon les responsables de l’analyse chez Tikehau, il faut toutefois se méfier des valeurs offrant de beaux rendements pars forcément pérennes. Ce qu’il faut regarder avant tout, c’est leur capacité à en verser régulièrement. Pour cela, il faut surtout scruter leur free cash flow, seul indicateur fiable. Dans ce sens et compte tenu de la situation actuelle des cours du brut,Total, pourrait être en difficulté en 2015 pour distribuer une partie de ses bénéfices à ses actionnaires. Pour y remédier, il pourrait ainsi être tenté de s’endetter. Car l’équation est vite faite : plutôt que de décevoir les marchés en réduisant l’enveloppe des dividendes et de voir son cours de Bourse flancher, il a plutôt intérêt à avoir recours à l’endettement, surtout aux conditions actuelles. Ce que font d’ailleurs pas mal d’entreprises, toutes nationalités confondues.
Mais toutes les sociétés n’ont pas l’assise et la puissance financière d’un Total et pourraient décider de revoir à la baisse leur coupon. « C’est justement pour éviter de se retrouver dans une telle situation qu’il faut s’assurer de l’importance des free cash flow des entreprises », assure Thomas Friedberger, responsable de la gestion diversifiée actions chez Tikehau. Dans le cas de Total, il est sûr que le groupe va devoir faire face, ces prochains mois, à une situation inédite depuis de longues années : maintenir des taux de rentabilité convenables malgré un baril à moins de 50 dollars. D’autant que si l’on en croit le nouveau directeur général du groupe, Patrick Pouyanné qui s’exprimait en public ce matin à l’occasion de l’ouverture du forum de Davos, le prix du pétrole devrait rester encore bas sur le premier semestre. Raison pour laquelle il a déjà enclenché une réduction de 10% de ses investissements et de ses coûts afin de s’adapter. « Nous sommes un grand pétrolier, donc par rapport à des concurrents plus petits nous souffrirons moins. Nous savons que nous pouvons traverser ce type de période de basses eaux », a-t-il souligné précisant que cela supposait quand même d’abaisser le point mort.
L’action Total n’est d’ailleurs pas vraiment attaquée en Bourse. Si elle lâche un peu plus de 10% ces six derniers mois, elle s’apprécie de 4,5% depuis le début de l’année après un parcours étale sur l’année passée. L’avantage avec un « paquebot » c’est qu’en mer calme il ne va pas très vite mais que par mauvais temps, il résiste particulièrement bien aux lames de fond. Tant mieux pour le CAC 40, la major pétrolière constituant sa plus forte pondération.
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