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TCI menace d'attaquer individuellement les administrateurs de Safran
On peut dire que lorsqu’il s’est focalisé sur une affaire, il ne lâche pas sa proie. Vendredi encore, le fonds activiste TCI a envoyé une longue lettre à tous les administrateurs de Safran. Nouvel argument pour tenter de porter un coup fatal au rapprochement entamé avec Zodiac : il menace d’attaquer individuellement chaque administrateur au cas où, après fusion, les promesses financières ne soient pas au rendez-vous et que Safran ne tombe dans le rouge. Et ce, au motif que les administrateurs sont individuellement responsables des aléas des entreprises qu’ils administrent et qu’en cautionnant l’opération avec Zodiac, ils auraient personnellement favorisé la déconfiture du groupe dirigé par Philippe Petitcolin.
Et de rappeler les trois principaux objectifs qui, s’ils ne sont pas tenus, déclencheront les hostilités : une hausse à deux chiffres du résultat net par action dès la première année de consolidation des deux groupes en 2019 ; un ROCE (retour sur capital employé) au-dessus du coût du capital dans trois ans et 200 millions d’euros de synergies (avant impôt) au bout de trois ans. « Si vous échouez à atteindre ces objectifs et si Safran devait en venir à dégager des pertes, TCI réclamera à chacun d’entre ceux qui auront donné leur accord à ce deal une compensation financière », écrit ainsi le fonds activiste.
Il insiste, de même, sur le dernier profit warning lancé par Zodiac, événement qui, à ses yeux devrait les convaincre de revoir leur position. Tout en reconnaissant que la composition de l’actionnariat de Safran, « très imparfaite» compte tenu de la récente obtention de droits de vote double de la part de l’Etat a largement pesé dans la balance. Pour le patron de TCI, il ne fait aucun doute que l’activité de Zodiac ne s’améliorera pas au second semestre en cours et que le résultat annuel de l’exercice sera encore mauvais. Et s’il s’en prend directement aux administrateurs, c’est parce que Safran n’a pas organisé de vote des actionnaires qui n’ont donc pu donner leur avis sur l’opération.
Qui retrouve-t-on au conseil de Safran ? Outre Ross McInnes et Philippe Petitcolin, Christian Streiff, ancien patron de PSA, en est le vice-président. Siègent également Jean-Marc Forneri, président de la banque d’affaires Bucéphale Finance, Odile Desforges, Gérard Mardiné, ou Monique Cohen, ancienne de l’AMF et directeur associé d’Apax Partners. Les menaces de TCI leur font-elles peur ? Il est vrai que les administrateurs sont responsables des décisions qu’ils prennent, rôle que l’AMF leur rappelle souvent pour les sensibiliser aux dangers que cela sous-entend. La dernière lettre de TCI est là pour le confirmer.
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