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BNP Paribas relève ses anticipations de rendement des fonds propres à l'horizon 2020

La banque a présenté des résultats 2017 portés par de bonnes performances commerciales, un net redressement de la banque de détail en France mais toujours impactés par un contexte de taux bas. Le plan de transformation à 2020 avance comme prévu alors qu'une simplification de l'organisation du réseau est en préparation.
Jean-Laurent Bonnafé - BNP Paribas
Jean-Laurent Bonnafé - BNP Paribas

L’année 2017 aura donc été mi-chèvre mi-chou pour BNP Paribas tout à la fois portée par une activité commerciale soutenue mais handicapée par un environnement de taux de marché peu favorable. Le détail des résultats présentés ce matin en témoigne. Le produit net bancaire, à 43,2 milliards d’euros, baisse de 0,6% par rapport à 2016 qui intégrait, il est vrai, une plus-value de cession des titres Visa Europe pour 597 millions d’euros. Du côté des pôles opérationnels, ce même PNB augmente de 1,5% malgré un effet de change défavorable.

Le résultat brut d’exploitation du groupe est, lui, en recul de 5,8%, à 13,2 milliards d’euros, mais en hausse de 3,8% pour les pôles opérationnels. En cause, pour l’essentiel, des frais de gestion en progrès de 1,9% à 29,9 milliards d’euros, incluant l’impact exceptionnel des coûts de restructuration des acquisitions et des coûts de transformation des métiers pour 856 millions d’euros.

Les éléments hors exploitation s’élèvent, pour leur part, à 1 milliard d’euros (contre 439 millions d’euros en 2016). Ils intègrent cette année, outre une contribution en hausse du résultat des sociétés mises en équivalence, l’impact exceptionnel de la plus-value de cession de 326 millions d’euros réalisée dans le cadre de l’introduction en Bourse de SBI Life. Du coup, le résultat avant impôt, à 11,3 milliards d’euros, est en progression de 0,9% d’une année sur l’autre. Il est en hausse de 13,4% pour les pôles opérationnels : +4,7% chez Domestic Markets, +18,2% chez International Financial Services et +14,6% chez CIB.

Au final, le bénéfice net part du groupe s’élève à 7,75 milliards d’euros, en hausse de 0,7% par rapport à 2016. Hors éléments exceptionnels, il s’établit à 8,15 milliards d’euros (+4,4%), tandis que la rentabilité des fonds propres atteint 8,9% (9,4% hors exceptionnels). La hausse du dividende est, elle, plus significative puisqu’avec 3,02 euros distribués par action, elle atteint 11,9% avec un taux de distribution de 50% comme promis par le patron de la banque, Jean-Laurent Bonnafé. « La bonne performance des pôles opérationnels cette année illustre le démarrage prometteur du plan. Le Groupe confirme ainsi ses objectifs pour 2020 et vise une rentabilité des fonds propres supérieure à 10% à cet horizon », a-t-il d’ailleurs annoncé ce matin, ajoutant que la croissance du produit net bancaire devrait être supérieure ou égale à 2,5% par an alors que des économies récurrentes de coûts de 2,7 milliards d’euros à partir de 2020, devraient permettre de baisser le coefficient d’exploitation à 63%.

Parmi les éléments tangibles de cette année 2017 : le fort rebond de la banque de détail en France dans le contexte de reprise économique. Les encours de crédit ont ainsi augmenté de 8% par rapport à 2016, avec une croissance soutenue des crédits aux particuliers et aux entreprises. Les dépôts ont gagné 12% alors que les actifs sous gestion de la banque privée se sont accrus de 7,6%. A noter à ce sujet que la banque annonce préparer la simplification de l’organisation de son réseau, avec un passage progressif de quatre à trois niveaux de pilotage des agences en 2018, « afin de minimiser les coûts et d’optimiser les circuits de décision et la satisfaction des clients ».

Les métiers de l’assurance et de la gestion ont également bien performé l’an passé : les actifs sous gestion atteignent ainsi 1.051 milliards d’euros (+4% par rapport au 31 décembre 2016). Quant au pôle CIB, il a dégagé un résultat avant impôt de 3,4 milliards d’euros, en forte hausse de 14,6% par rapport à 2016 (+15,7% à périmètre et change constants).

Dans un contexte boursier quelque peu perturbé par les deux fortes baisses consécutives de la place de New York, le titre BNP Paribas finit par lâcher un large terrain avec un recul de 4,2% dans l'après-midi. Certains analystes se montrent déçus par les performances du 4ème trimestre alors que d’autres mettent en avant le relèvement des anticipations de rentabilité des fonds propres à l’horizon 2020.

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