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Une fusion Mustier-Oudéa plutôt que SocGen-UniCredit
C'est la nouvelle du jour qui secoue le marché parisien et fait bondir de plus de 3 % l'action Société Générale. Selon le très sérieux Financial Times, la banque italienne UniCredit serait entrée en discussions avec la Société Générale pour fusionner. L'idée serait de participer au grand mouvement de consolidation financière européenne que François Villeroy de Galhau, le Gouverneur de la Banque de France, appelait encore de ses vœux il y a une semaine.
Pour l'heure les responsables des deux groupes tentent d'enrayer la spéculation et de calmer les rumeurs en expliquant que les discussions sont à un stade précoce et que la situation politique de l'Italie avait repoussé le calendrier d'un éventuel accord. L'idée de cette fusion serait de faire de la SocGen un partenaire approprié pour UniCredit, en renforçant ses activités de banque d'investissement et sa place en Europe de l'Est. Du côté de SocGen, l'un des principaux avantages serait de prendre une position de leader en Italie et en Allemagne, tant dans la banque de détail que dans la banque d'entreprise.
Le Financial Times rappelle, fort à propos, que les membres du conseil d'administration de Barclays ont récemment discuté d'un rapprochement avec son concurrent britannique Standard Chartered. Tout cela, alors que la Banque centrale européenne venait d'indiquer qu'elle aimerait voir des accords transfrontaliers dans le cadre des efforts pour défendre l'union bancaire paneuropéenne. Lors d'une récente conférence de l'IIF à Bruxelles, Jean-Pierre Mustier a justement déclaré que la zone Euro avait besoin de banques paneuropéennes pour doper la demande de crédit et le financement par actions.
Mais plus qu'un rapprochement à court terme entre la Société Générale et UniCredit, les discussions entre Jean-Pierre Mustier - débarqué de la Banque de la Défense au moment de l'affaire Kerviel - et Frédéric Oudéa, le directeur général de la SocGen - arrivé à ce poste au moment de l'affaire Kerviel - pourraient bien ne porter que sur la stratégie de la banque française et sur son éventuel retour au bercail. Depuis le début de l'année le cours de la Société Générale a chuté de 12,5 % (et bien plus, si l'on ne tient pas compte de la spéculation de ce jour). Les investisseurs sont très critiques sur le plan d'action à moyen terme de Frédéric Oudéa. Et plus encore sur sa capacité à créer un leadership avec une équipe gagnante.
Après le départ forcé de Didier Valet, réclamé par les Américains, dans le cadre du litige avec la justice fédérale, Frédéric Oudéa aurait cherché à faire venir des pointures. On a notamment parlé de Laurent Mignon, devenu depuis président du directoire de BPCE en remplacement de François Pérol. Finalement Frédéric Oudéa n'a opéré que des remaniements à la marge au sein de sa chaîne de pilotage, en dehors de la montée en puissance de Philippe Heim. Le retour de Jean-Pierre Mustier à la SocGen serait doublement bien vécu dans la banque. D'abord parce que son éjection a été considérée comme une injustice. Ensuite et surtout, parce qu'il ferait un très bon successeur pour Frédéric Oudéa. Quitte à ce que cela s'accompagne d'un rapprochement avec UniCredit.
Depuis l'été 2016, date de son arrivée à la tête d'UniCredit, l'action de la banque italienne a progressé de 27 %, alors que celle de la Société Générale a fait du sur-place. Une chose est certaine : derrière les informations du Financial Times il y a davantage une question de talents et de stratégie de la SocGen qu'un vrai projet de méga-fusion.
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