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Les matières premières, malédiction de l'histoire

Le marché est dans une situation de surcapacité, le monde devrait observer deux décennies de digestion. Les prix des matières premières sont et resteront bas pendant ce temps, augure Philippe Chalmin, grand expert du secteur.
Mines de charbon
Mines de charbon

"La page du choc de 2006-2014 se tourne", affirme Philippe Chalmin, président fondateur de Cyclope, principal institut de recherches européen sur les marchés des matières premières. Partie émergée de toutes les tensions géopolitiques, le marché des matières premières est dans une extrême instabilité. Après une période exceptionnelle dans les années 2000 où la croissance économique mondiale affichait un taux de croissance de 5%, le XXème siècle se termine, selon cet Agrégé d’histoire et Docteur es lettres, fin 2001 à Doha lorsque la Chine entre dans l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Cette date marque, en effet le retour de l'Empire du milieu sur la planète, et il devient le premier importateur et consommateur de toutes les matières premières. Après l'abondance, 2008, voit arriver la peur de la pénurie. En cause, un manque d'anticipation d'une demande forte, et une répercussion des banques qui ont investi tardivement dans les matières premières, le marché réagissant sur un temps court et les investissements à long terme.

Ainsi, les matières premières sont une « malédiction dans l'histoire », soutient Philippe Chalmin. La relation entre les pays et les matières premières agissant "comme des drogués" ont amené à la manipulation des marchés. Les prix en baisse ont poussé les producteurs à augmenter leurs productions pour casser la concurrence. L’Arabie Saoudite qui s'est engagée dans une guerre des prix contre le pétrole de schiste américain en est un parfait exemple. Pendant que le pétrole non-conventionnel dont les coûts de production sont élevés s’est développé, le pays du Golfe n'a pas pour autant réduit sa production, et a donc laissé filer les prix, de façon à ce que l’exploitation du pétrole non-conventionnel soit moins rentable. Aujourd'hui, empêtré dans une crise de surproduction pétrolière, le scepticisme est certain : les prix ne remonteront, à priori, au-delà de 50 dollars le baril.

D'une manière générale, l'offre et la demande restent soutenues, ce sont les conséquences du retour sur investissement. L'heure est à la surproduction, qu'il s'agisse du cuivre, du fer, du pétrole, les marchés sont et seront excédentaires. « Il faut revenir à une stratégie et limiter l'offre », estime Philippe Chalmin. Au final, les prix devraient rester déprimés et relativement bas, probablement pendant 20 ans. Le marché des matières premières répond, en effet, à une logique de cycle : après le choc sur les marchés de 2006-2014, l'offre et la demande vont se déséquilibrer et ce, pendant les vingt prochaines années. S’ajoute à cela, l'inconnue climatique qui peut s'accompagner de modifications structurelles, la Chine devrait observer une croissance à 6%, l'Inde continue à émerger et le dollar risque d'être plus fort. Et comme il existe une corrélation très forte entre le dollar et les commodities, plus celui-ci est fort, plus le prix des matières premières est bas. Pour les Importateurs comme les exportateurs, les jours s’annoncent moroses

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