Private equity : ArchiMed cultive l’excellence
Plus d’argent pour moins d’acteurs. C’est le message qui émane depuis plusieurs mois de la part des investisseurs en private equity, les fameux Limited Partners qui allouent des capitaux au non coté. Ces derniers veulent concentrer les relations avec les plus grandes sociétés de gestion, afin de rationnaliser et réduire les coûts. Pourtant, les nouveaux venus du private equity peuvent aussi sortir leur épingle du jeu s’ils ont le bon créneau, et c’est ce qu’est en train de prouver ArchiMed, depuis Lyon.
La firme a été créée en 2014 par Denis Ribon, ancien dirigeant de l’équipe santé au plan mondial chez 3i. Après près de 13 ans passés au sein du fonds britannique, ce dernier a envie d’une nouvelle aventure plus entrepreneuriale, et propose à son employeur de créer un fonds small LBO spécialisé sur la santé, à la manière dont cela se développe aux Etats-Unis. Avec Vincent Guillaumot, il propose le concept à 3i, mais l’heure n’est pas à l’expansion sectorielle, si bien que les deux hommes décident de lancer leur propre structure. Ils s’associent alors à Robin Filmer-Wilson, co-investisseur aux côtés de 3i sur des success stories emblématiques de la santé comme les laboratoires Labco ou Trescal.
Leur atout majeur ? Un track record pérenne et prouvé. « Les fondateurs d’ArchiMed ont bâti l’essentiel de leur expérience dans l’équipe santé de 3i, en investissant 1 milliard de dollars qui a généré 2,5 milliards de dollars de retour sur investissement. Ce montant a été investi dans une vingtaine d’entreprises sur une période de dix ans, dans les différents secteurs de la santé », avance Denis Ribon, managing director d’ArchiMed. Lyonnais d’origine, ce dernier fait aussi un choix audacieux en installant son fonds dans la ville, et bénéficie du tissu régional d’entreprises mais aussi de la proximité avec la Suisse. Les fondateurs se lancent alors dans des roadshows pour lever un premier fonds sur un créneau de niche : des entreprises européennes générant entre 5 et 50 millions d’euros de revenus. Ils privilégient les produits sur les services de la santé, car le segment est plus internationalisé, ouvert aux build-up, mais aussi moins adressé par les financiers. L’initiative est rapidement couronnée de succès.
« Les Limited Partners nous connaissaient bien et savaient que notre secteur était très performant chez 3i. Il est fondamental d’avoir une relation directe avec les investisseurs pour qu’ils vous fassent confiance lorsque vous lancez votre propre fonds », témoigne Denis Ribon. Fin mars 2014, le jour de la séparation officielle avec 3i, ArchiMed annonce un premier closing à 100 millions d’euros et un premier investissement en Suisse. Puis quelques mois plus tard, atteint son hard cap à 150 millions d’euros et passe rapidement à la vitesse supérieure : trois deals en 2015 et quatre en 2016. Et déjà, une première sortie.
Le fonds vient ainsi d’annoncer la vente de HIS après moins d’un an en portefeuille, et sur lequel il a réalisé un TRI… de 400% ! ArchiMed profite lui aussi de l’accélération de la rotation des actifs dans le non coté, et s’il est positionné sur des détentions plus longues, sait saisir les opportunités qui se présentent lorsque le multiple de sortie est attractif. « Nous sommes en avance de 12 à 18 mois sur notre plan de marche. Nous avons un dealflow assez fourni, ce qui nous permet d’être sélectifs », avance Denis Ribon. La première sortie d’ArchiMed est en tout cas de bon augure pour le futur track record de ce nouveau venu du private equity français.
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