Side Capital : Renaud Guillerm, aux côtés des jeunes entrepreneurs
Début 2016, Renaud Guillerm, co-fondateur de Videdressing.com, lançait Side Capital. Un fonds d’investissement « early-stage » pour les start-up tech et digitales. Aujourd’hui, le véhicule, qui s’est fixé un objectif moyen de six deals par an, a réalisé 12 opérations. En tout, ce sont 7 millions d’euros qui ont été injectés dans des jeunes pousses, via des tickets allant de 300.000 à 600.000 euros. Les entreprises ont toutes en commun d’intervenir dans l’innovation technologique et de discrupter leurs marchés. Ce qui en fait des cibles privilégiées pour les business angels. Side Capital, qui entre ainsi dans cette catégorie, insiste sur la nécessité d’offrir quelque chose d'important aux yeux de Renaud Guillerm : « préparer les fondateurs à travailler demain avec des investisseurs classiques ».
Le dirigeant sait de quoi il parle puisqu’il a fait l’expérience des besoins rencontrés par les entrepreneurs, lorsqu’il a mis sur pied en 2010 l’adresse de shopping communautaire en ligne Videdressing.com. Celui qui a été fiscaliste une dizaine d’années chez EY, avant de devenir directeur fiscal au sein d’Ipsen, a en effet monté sa propre société à 35 ans. En parallèle, ce diplômé de Dauphine a investi en direct dans une quinzaine de start-up. « Je me suis dit que c’est ce que j’aimais : investir, aider et accompagner les entreprises. J’ai donc décidé après cinq ans, de quitter la direction de Videdressing et de lancer Side Capital », raconte Renaud Guillerm.
Avec son fonds, ce quarantenaire se concentre dorénavant sur les start-up, 12 à 18 mois avant qu’elles n’aient à se rapprocher d'investisseurs dits classiques. C’est-à-dire ceux qui mettent plutôt des tickets à partir d’un million d’euros. «Les fondateurs ne sont pas prêts à travailler avec eux. Ils doivent comprendre comment les investisseurs travaillent et ce qu'ils attendent, notamment en termes de présentation et de suivi des chiffres clés », rapporte Renaud Guillerm. Par exemple, Side Capital crée des boards dans les conditions réelles au sein des entreprises qu'il finance. « Le but, c’est que le ou les fondateurs s’entraînent à gérer un conseil d'administration, qui est souvent la réunion la plus importante. Il faut en moyenne 3 à 4 boards pour être à l’aise, soit entre 10 et 12 mois », poursuit le business angel.
Renaud Guillerm investit également du temps en dehors de ces raouts. Il passe en moyenne deux heures par mois, tous les mois chez les start-up. Avant de passer à un rythme trimestriel, une fois les plus gros investisseurs entrés en piste. D’où le fait que la moyenne de deals annuelle de Side Capital ait été fixée autour de six. Car, en sus de l’accompagnement, le fonds planche sur ses dossiers. En tout, il en a déjà reçus plus de 1.100, a organisé 435 réunions et a travaillé avec 30 sociétés avant de choisir ses poulains définitifs. Dernier en date : Mon Spécialiste Auto. Side Capital a apporté 600.000 euros à ce service d’inspection de véhicules d’occasion à domicile, qui vise à aider les professionnels du marché auto dans leur transition numérique.
De son côté, Side Capital a aussi fait du chemin en interne. Le board compte dorénavant une vingtaine d’entrepreneurs-investisseurs français dont huit sont récemment arrivés. Ainsi, Frédéric Mazzella, président-fondateur de BlaBlaCar y siège-t-il aux côtés d’Olivier Mathiot, PDG de PriceMinister, d'Alix de Sagazan, cofondatrice de AB Tasty ou encore de Thierry Petit de Showroomprivé. Renaud Guillerm met l’accent sur la souplesse des investissements : « Les investisseurs gardent leur argent. Ils ne l'investissent que sur les deals qu’ils ont choisis et qui leur plaisent. Si vous déléguez votre choix, vous perdez une partie du plaisir ».
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