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Salaires et consolidation : Stéphane Richard fidèle à lui-même
Comme à chaque assemblée générale d’Orange, les propos de Stéphane Richard étaient scrutés de près, hier après-midi, d’autant que l’actualité et ses points d’interrogation ne manquaient pas. Ne serait-ce que pour les activités du groupe : le premier opérateur français lance justement cette semaine la version française d’Orange Money, son offre de paiement mobile, déjà utilisé par 18 millions de personnes dans 14 pays africains.
Mais bien entendu, le sujet brûlant restait la consolidation du marché des télécoms, et les prochaines initiatives d’Orange après l’échec des négociations avec Bouygues Telecom début avril. Mais au niveau de la France, Stéphane Richard a été clair : « je n’y crois pas à court terme », a-t-il asséné.
Pour autant, « les raisons de fond qui peuvent conduire à une consolidation en France (...) demeurent ». Ainsi, « personne ne peut exclure qu'à moment ou à un autre, la question d'une consolidation pourra se représenter ». A quel horizon ? « Cela dépendra essentiellement de la stratégie et de l'évolution des différents acteurs en cause, je dirais en dehors d'Orange », concluait-il.
Ces affirmations, qui pointent la responsabilité des autres opérateurs français, est en ligne avec ce que déclarait il y a, à peine, une semaine Gervais Pellissier, le directeur général délégué aux opérations du groupe en Europe. Pour ce dernier, « le manque de confiance entre les acteurs » de la négociation pour la fusion Orange-Bouygues expliquait pourquoi ils avaient été « incapables de travailler ensemble ». Lui non plus ne voyait pas de consolidation « pour les 12, 18 ou 24 prochains mois ».
Mais Stéphane Richard a réaffirmé ses ambitions pour le marché européen : selon lui, Orange pourrait y avoir « une belle carte à jouer » dans d'éventuels mouvements de consolidation. Début mars, le PDG avait déjà mentionné le cas de Télécom Italia en avouant que « si Vincent Bolloré faisait valoir qu'un accord avec Vivendi est la meilleure option pour qu'Orange rachète Telecom Italia, alors Orange l'étudierait ».
Stéphane Richard ne semble donc pas s’inquiéter de l’interdiction par la Commission Européenne, il y a un mois, de la fusion entre les opérateurs britanniques Three et O2. Pourtant, pour Gervais Pellissier, la décision a mis un « coup d’arrêt » aux consolidations en Europe.
Mais Stéphane Richard ne s’est pas prononcé uniquement sur la question des télécoms. En plein débat sur les salaires des dirigeants après la polémique chez Renault, le PDG a clairement réitéré sa position : « moi, à titre personnel, (...) je pense que quelles que soient les règles législatives ou les recommandations (...), je n'imaginerais pas en tant que mandataire social ne pas respecter le vote des actionnaires dans une assemblée générale même s'il est consultatif ».
Bien qu’opposé à une quelconque loi sur le sujet, il s’était même montré plus explicite la semaine dernière, en déclarant à Challenges qu’il était « inouï de dire dans une démocratie actionnariale, qu'on ne tient pas compte d’un vote majoritaire ! ». Avis aux amateurs….
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