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Publications, Résultats / EDF / privatisation / flamanville

Publications, Résultats
EDF / privatisation / flamanville

EDF y croit encore

Sur fonds d'un endettement à 37,4 milliards d'euros, EDF profite de la publication de résultats semestriels conformes aux prévisions pour annoncer un retard d'au moins trois ans pour Flamanville. Et pourtant, le titre grimpe à mi-séance. Les bonnes nouvelles se faisant rares, le marché préfère les saisir.
EDF logo
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EDF a officialisé ce matin un retard d'au moins trois ans pour le chantier de réacteur nucléaire EPR de Flamanville, qui devait être le flambeau de la nouvelle ère nucléaire d'EDF. Le chantier, qui avait été lancé il y a plus d'une décennie, tourne au cauchemar. La facture est établie au triple de ce qui était initialement prévu, à 10,9 milliards d'euros, et pourrait encore s'alourdir, sur fond d'un endettement à 37,4 milliards d'euros, selon les comptes arrêtés du second semestre.

L'électricien public français progresse pourtant de 2,37 % à 11,235 euros à mi-séance. Car EDF publie des résultats modestes mais conformes à ses prévisions. Le groupe dégage un résultat net part du groupe de 2,5 milliards d'euros (+44,7 %), essentiellement soutenu par des éléments exceptionnels. Le résultat net courant chute de près de 20 % à 1,4 milliard d'euros entre janvier et juin. Le bénéfice avant impôts, charges foncières, dépréciations et amortissements affiche 8,3 milliards au compteur, en hausse de 4,3 %, et devrait être compris entre 16 et 16,7 milliards d'euros sur l'année complète. Alors voilà, il faut admettre que ces résultats ne sont pas trop décevants.

Mais si l'endettement est toujours unanimement noté A, c'est bien parce que l'État - qui vient de transposer 15,8 % de ses parts à Bpifrance comme garantie pour son fond d'innovation - est présent au capital. Mais aussi parce que la durée de vie des centrales a fort heureusement pour EDF été prolongée de 50 ans. Sans quoi, le coût des démantèlements aurait porté le coup de grâce à ce joyau d'antan. Reste que la présence de l'État au capital d'EDF n'a pas que du bon. Le groupe pâtit d'une faible visibilité en raison de la dimension politique de la valeur, notamment sur la hausse des tarifs de l'électricité. Sans compter la colère de la CGT, que le plan de découpage du Groupe en deux entités distinctes - l’une dédiée au nucléaire l’autre aux renouvelables - semble avoir oubliée.

Et même s'il n'y a plus d'argent dans les caisses, EDF compte bien en dépenser. L'électricien qui perd environ 100.000 clients par mois depuis plus de deux ans, entend dépenser environ 30 milliards d'euros d'ici à 2020 pour des "investissements". Il a également confirmé son intention de dégager cette année un cash-flow positif - toujours prévu supérieur à 600 millions - hors projet d'EPR britannique d'Hinkley Point et coûts liés au compteur communicant Linky. EDF, dont la valorisation avoisinait 155 milliards d'euros en 2007, n'en vaut plus que 34,2 milliards. Finalement, si ces résultats ont satisfait le PDG Jean-Bernard Lévy et les investisseurs, c'est peut-être que toutes les occasions sont bonnes pour s'enthousiasmer.

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