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Les fonds souverains embourbés dans leurs investissements bancaires
Les fonds souverains, considérés comme des sauveurs au moment de la crise, auraient-ils finalement fait les choux gras de grandes banques en difficultés ? La question peut se poser après une étude sortie ce matin par le SWFI (Sovereign Wealth Fund Institute) qui estime que les fonds souverains totalisent 16,6 milliards de dollars de pertes dans les banques ayant fait l’objet de bailout depuis le début de la crise. Un chiffre imposant, et qui représente près de 30% de leurs investissements, puisque toujours selon le SWFI, les fonds souverains ont directement injecté pas moins de 56,48 milliards de dollars dans le secteur bancaire pendant la crise.
De fait, en 2007, ces investisseurs, disposant d’un potentiel de ticket d’entrée important, commençaient à devenir des investisseurs sur qui compter. Les articles de journaux se multipliaient et dès 2008, ces institutionnels ont été considérés comme incontournables par les experts financiers attirant l’attention des banquiers et des responsables politiques. Le but ? Les appeler à investir dans les banques en besoin de capitaux propres empêtrées dans la crise financière et ainsi devenir une alternative à l’argent public pour sauver les institutions financières. Dès lors, UBS, Merril Lynch ou encore Citigroup ont fait appel à ces nouveaux investisseurs pour financer leur passage à vide. Mais tout ne s’est pas passé dans la sérénité pour ces divers investissements.
Ainsi, KIC (Korea investment Corporation) qui avait investi en 2008, près de 2 milliards de dollars chez Merril Lynch en est sorti en 2014 avec une perte de 720 millions. Fin 2007, Citigroup quant à lui avait reçu une injection de 7,5 milliards de dollars d’argent frais de la part du fonds Abu Dahi Investment Authority (Adia). Deux ans après, une guerre judiciaire de plusieurs années, était lancée par le fonds pour éviter de devoir convertir son prêt en titre Citigroup et ainsi encaisser une perte monumentale. Enfin il ya quelques jours, c’était au tour du fonds singapourien GIC de se débarrasser d’une partie du capital d’UBS en descendant de 5,1% à 2,4% du capital de la banque et se débarrassant à perte de la moitié de sa participation. Le montant de la perte n’a pas été communiqué. En 2007, le fonds singapourien avait prêté près de 11 milliards de francs suisses, et avait déjà converti son prêt en titres de la banque un an plus tard, enregistrant une baisse de 70% de la valeur des titres. Autant dire que les fonds souverains sont nombreux à envisager désormais que leur argent ne reviendra pas dans leurs caisses.
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