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Banque de France Covid-19 choc

Macro-économie / Taux / Banque de France / choc / covid-19

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Économie française : les effets de la pandémie seront différents en 2021 et 2022

Trois économistes de la Banque de France mettent en évidence que les canaux au travers desquels la Covid-19 contrarie la convergence de l’économie française vers sa trajectoire d’avant-crise vont évoluer.
Paris - France
Paris - France

Si la contraction du Produit intérieur brut (PIB) de la France s’est élevée à 8,3 % en 2020, l’écart de l’économie hexagonale avec sa trajectoire d’avant-crise - le niveau que le PIB français aurait atteint sans la pandémie - est évidemment plus important. Selon la Banque de France, cet écart atteint environ 10 %. À l’aide du modèle FR-BDF, des chercheurs de l’institut d’émission se sont efforcés de distinguer quels types de chocs, dans un contexte de pandémie et de multiples confinements, sont à l’origine de ce déficit de 10 %.  Raphaël Cancé, Jean-François Ouvrard et Camille Thubin, chercheurs à la Banque de France, avancent qu’en 2020 deux types de chocs expliquent – environ – aux deux tiers l’écart du PIB à sa trajectoire d’avant-crise.

D’une part, le choc de demande intérieure privée en expliquerait près d’un tiers.  Ce type de choc est relatif à la consommation, l’investissement et les variations de stocks. Ils prennent notamment en compte les chocs temporaires liés à des mesures de restrictions administratives. Attention, un choc de demande intérieure privée ne représente pas l’intégralité de sa baisse sur l’année, mais seulement "la part de celle-ci qui va au-delà du lien habituel entre la demande intérieure privée et l’activité", précisent les chercheurs. D’autre part, l’autre tiers de la déconvenue hexagonale provient d’un choc sur les "performances commerciales", c’est-à-dire la "capacité relative des entreprises françaises à répondre à la demande extérieure et intérieure face à leurs concurrents, à environnement international et financier donné". Selon cette étude, c’est la spécialisation sectorielle de la France s’appuyant notamment sur l’aéronautique et le tourisme qui se cache derrière ce choc. Cela a pesé sur des exportations, également affectées par des mesures de restrictions plus fortes en France que chez ses partenaires commerciaux, analysent les chercheurs.

Cette année, et encore davantage en 2022, les canaux au travers desquels la pandémie va peser vont être amenés à évoluer, selon cette étude. En 2021, l’écart de la France à sa trajectoire d’avant-crise devrait être égal à un peu plus de 6 % et si le choc de demande intérieure privée aurait toujours un impact important, celui sur la performance commerciale diminuerait significativement. À l’inverse, la montée en puissance de chocs d’offre liés aux effets durables de la crise sur l’appareil productif (la baisse de la croissance de la productivité par exemple) se ferait jour. Ils atteindraient leur paroxysme en 2022 et expliqueraient alors plus de la moitié de l’écart de l’économie à sa trajectoire d’avant-crise - l’écart atteindrait environ 3 %. "Ce choc d’offre provient d’une part d’un choc négatif pérenne sur le niveau de la productivité de long terme, en raison notamment d’un stock de capital plus faible, et dans une plus large mesure (environ deux tiers du choc d’offre) d’une inertie dans les comportements d’ajustement des prix des entreprises, assimilable à un choc de mark-up. Sans cette inertie, les prix reculeraient encore davantage", prévoient les chercheurs.

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