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Allemagne / industrie

Allemagne : une part significative de son industrie serait en danger / Hausse des prix de l’énergie et contraction des débouchés pointées

Un cinquième de la valeur ajoutée industrielle ultra-rhénane serait en risque, d’après une étude du BCG et de l’institut IW, qui estime que pour renverser la vapeur plus de 1 400 milliards d’euros devront être investis d’ici 2030.
Usine Volkswagen à Zwickau - JAN WOITAS / DPA /  dpa Picture-Alliance via AFP
Usine Volkswagen à Zwickau - JAN WOITAS / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

Le poumon de la première économie d’Europe a connu meilleure forme. Environ 20 % de la création de valeur industrielle en Allemagne est menacée, selon une étude publiée mardi par l’association des entreprises BDI. Rappelons qu’en Allemagne, l’industrie représente un cinquième de la valeur ajoutée brute et environ 16 % de l’ensemble des salariés. Si l’on inclut le réseau plus large des services industriels, c’est-à-dire les services utilisés par le secteur industriel tels que le commerce ou la logistique, il représente même près d’un tiers de la valeur ajoutée brute.

Dans ce rapport réalisé par le Boston Consulting Group (BCG) et l’Institut économique allemand IW est notamment pointé le rôle joué par l’envolée des prix de l’énergie liée à la guerre russo-ukrainienne. La hausse des prix des combustibles fossiles a augmenté les coûts de production de secteurs entiers de parfois plus de 25 %.

"Par conséquent, les producteurs des secteurs des produits de base à forte intensité énergétique, en particulier, seront encore confrontés à un désavantage de coût pouvant aller jusqu’à 15 % à la fin de la décennie par rapport à leurs concurrents chinois et américains, ce qui signifie que le risque d’une migration rampante de la production et des investissements continuera de croître", estime le rapport. Cette problématique concerne surtout les industries qui occupent une place en amont et au milieu de la chaîne de valeur : matériaux de construction, fonderies, raffineries.

Pour les secteurs de l’aval, tels que l’automobile et les machines et équipements, le rapport pointe plutôt les retombées négatives de la transition climatique, qui pourrait peser sur la demande à destination des technologies dont l’Allemagne s’est fait une spécialité. "Si la situation reste inchangée, le processus de désindustrialisation en Allemagne risque de s’accélérer encore dans les années à venir", prévient l’étude.

Pour que ce scénario ne se concrétise pas et ainsi redonner du lustre à l’industrie, l’Allemagne devra notamment mettre plus de 1 400 milliards d’euros sur la table d’ici à 2030. "Ces besoins de financement sont énormes, mais pas sans précédent", souligne le rapport, qui rappelle que sur une base annuelle, 1 400 milliards d’euros d’investissements supplémentaires correspondent à un peu moins de 5 % du Produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne.

"Un total d’environ 460 milliards d’euros doit être investi par le secteur public d’ici 2030 (1,6 % du PIB) - un niveau comparable aux fonds utilisés dans le cadre du plan Marshall (1,3 % du PIB) et à l’aide directe au développement pour la reconstruction de l’Allemagne de l’Est (1,0 % du PIB)", ce pour moderniser les infrastructures de transports mais aussi stimuler la demande intérieure de technologies vertes.

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