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Sommet pour l'action sur l'IA / Investissements / centres de données

Il pleut des investissements dans l’IA en France / Comment les 109 milliards d’euros annoncés vont précisément se répartir

Depuis la fin de semaine dernière, dans le cadre du lancement du Sommet pour l’action sur l’IA de Paris, de fastes annonces d’investissements en France s’enchaînent à coups de milliards d’euros. Des projets portés par des entreprises françaises et surtout des investisseurs internationaux, ayant été complétés ce lundi par plusieurs nouveaux d’entre eux. Au-delà de cette enveloppe, Bpifrance a aussi fait savoir qu'elle allait déployer 10 milliards d'euros pour soutenir et accompagner l'écosystème français.
 Emmanuel Macron (Photo by Gonzalo Fuentes / POOL / AFP)
Emmanuel Macron (Photo by Gonzalo Fuentes / POOL / AFP)

Après Choose France, place au Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle (IA) de Paris. Une bonne occasion pour l’Hexagone de mettre son écosystème en lumière et de tenter de s’imposer, avec l’Europe, face à la Chine et les États-Unis. Car la concurrence internationale n’attend pas. Par exemple, il y a près de quinze jours, Donald Trump annonçait en direct de la Maison Blanche le lancement de Stargate, un projet à 500 milliards de dollars, porté par SoftBank, Oracle et OpenAI, en vue de construire principalement des infrastructures dédiées à l’IA dans le pays. Qu’à cela ne tienne : dimanche soir, sur le plateau du journal télévisé de France 2 et à la veille de l’ouverture de la session du sommet au Grand Palais, le président de la République a fait savoir que 109 milliards d’euros d’investissements d’acteurs privés (français et étrangers) allaient se diffuser dans l’Hexagone dans les prochaines années.

"C’est exactement l’équivalent, pour la France, de ce que les États-Unis ont annoncé avec Stargate", a poursuivi Emmanuel Macron. "Cela va même en faveur de notre territoire. Rapportés au Produit intérieur brut, ces 109 milliards d’euros pour la France sont supérieurs aux 500 milliards de dollars des États-Unis", glisse-t-on à l’Élysée. Cette enveloppe sera donc, elle aussi, essentiellement dédiée à la construction et à l’essor des capacités de calcul et data centers en France. En fin de semaine dernière, la ministre déléguée chargée de l’IA, Clara Chappaz, annonçait d’ailleurs que 35 sites étaient "prêts à l’emploi" sur le territoire pour en accueillir. D’autres investissements, notamment du côté de Bpifrance, viendront également soutenir et accompagner les entreprises françaises du secteur. Tour d’horizon des différentes annonces qui se sont enchaînées ces derniers jours, dont certaines ont été détaillées lundi par l’Élysée, après une table ronde organisée l'après-midi entre Emmanuel Macron et des investisseurs internationaux, ayant permis de concrétiser de nouveaux accords.

 

Les Émirats arabes unis, Brookfield et Iliad ont ouvert le bal

 

L’Élysée a fait savoir dès jeudi soir que, dans le cadre d’un accord de partenariat sur l’IA signé en présence d’Emmanuel Macron et de son homologue émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyane, les Émirats arabes unis allaient contribuer à la construction d’un "campus" axé sur l’IA en France, dont la localisation sera précisée lors de la prochaine édition de Choose France. Il sera doté d’un grand data center, d’une capacité de calcul pouvant aller jusqu’à un gigawatt, ce qui représente un investissement de 30 à 50 milliards d’euros. Le fonds d’investissement MGX, adossé aux Émirats arabes unis et spécialisé sur l’IA, fera partie du consortium d’acteurs qui le développeront.

Le géant canadien de la gestion d’actifs Brookfield va de son côté investir 20 milliards d’euros dans le pays d’ici à 2030, dont 15 milliards seront alloués à la construction d’un data center, a-t-il été dit pendant le week-end. Les 5 milliards restants seront dédiés aux infrastructures associées, pour le stockage d’énergie ou encore des investissements dans des puces. Enfin, en fin de semaine dernière, Iliad a quant à lui annoncé mettre 3 milliards d’euros sur la table. OpCore, la filiale opérant les 13 data centers du groupe fondé par Xavier Niel, va investir 2,5 milliards d’euros, dans le but d’asseoir sa position de champion européen des giga-data centers, dédiés notamment aux ressources de calcul de la technologie.

 

Mistral AI au rendez-vous

 

La pépite française de l’IA a aussi profité de ce grand sommet pour faire savoir qu’elle comptait maîtriser l’ensemble de sa chaîne de valeur, des infrastructures jusqu’au logiciel. Son patron Arthur Mensch a annoncé dimanche que la start-up allait construire son premier data center en France dans l’Essonne, qui représente plusieurs milliards d’euros d’investissements. "On a choisi la France pour son efficacité énergétique et la qualité de son mix énergétique en matière d’émissions carbone", a ajouté le dirigeant. Ce "cluster" de plusieurs milliers de mètres carrés devrait être opérationnel dès l’été prochain et sera l’un des plus grands d’Europe.

Une nouvelle qui vient s’ajouter aux autres annonces d'accélération que Mistral AI a faites ces derniers temps. "Le Chat", son robot conversationnel concurrent de ChatGPT, Gemini ou DeepSeek, a notamment été rendu disponible sur les magasins d’applications d’Apple et de Google jeudi, afin de démocratiser son produit qui était déjà proposé aux entreprises. D’autant que la start-up n’en finit plus de convaincre les grands acteurs, comme en témoignent ses différents partenariats avec Veolia, Stellantis, Dassault Systèmes ou encore France Travail.

 

Le britannique Fluidstack s’attaque au supercalculateur

 

L’entreprise, au travers d’un partenariat avec le ministère de l’Économie, va soutenir le déploiement d’un grand supercalculateur pour l’IA dont la capacité atteindra 1 gigawatt. Le projet sera soutenu par un premier investissement de 10 milliards d’euros réalisé par Fluidstack et son lancement est prévu en 2026.

 

Amazon poursuit ses engagements

 

Lors du sommet Choose France de 2024, Amazon avait annoncé un plan d’investissements d’1,2 milliard d’euros dans l’Hexagone. Une poche visant le développement de l’infrastructure cloud d’Amazon Web Services. Lundi, le géant américain s’est engagé à déployer 6 milliards d’euros en ce sens.

 

Apollo, Digital Reality, Equinix et Prologis complètent le panel américain

 

Le fonds d’investissement aux 800 milliards de dollars sous gestion va financer des infrastructures de nouvelles générations dans le pays, qui débuteront avec une tranche de 5 milliards d’euros destinée à soutenir des projets de connectivité énergétique. D’autres annonces devraient suivre pour les années suivantes.

Digital Reality va de son côté investir 5 milliards d’euros pour développer des centres de données dans les régions marseillaise et parisienne. Prologis, géant de l’immobilier logistique et détenteur, à ce titre, de sites destinés aux data centers, annonce lundi de son côté 3,5 milliards d’euros d’investissements. Enfin, Equinix remet 630 millions d’euros en jeu, en plus de son plan initial de 750 millions d’euros prévus, afin de soutenir les infrastructures numériques tricolores.

 

Toujours pour les infrastructures

 

L’entreprise suédoise Evroc va construire sa première usine d’IA en France, à Mougins, avec un data center conçu pour accueillir jusqu’à 50 000 des processeurs graphiques (GPU). La réalisation du projet est prévue pour 2025 et devrait attirer 4 milliards d’euros d’investissements. La société française Eclairion, qui devrait développer le data center de Mistral AI, annonce également une autre phase d’investissement pour la mise en chantier d’un site dans les Pays de la Loire. Sesterce, entreprise française également, va de son côté investir 400 millions d’euros pour déployer un data center dans la Drôme, qui permettra de fournir des services d’entraînement et d’inférence ainsi que de l’hébergement pour des capacités de calcul. Enfin, le japonais Telehouse, a signé un mémorandum d’entente avec le Français APL Data Center, pour élaborer et construire des espaces éco-responsables dédiés à l’accueil de 25 000 GPU. L’investissement sera de l’ordre de 400 millions d’euros.

 

Bpifrance ne ralentit pas 

 

Au-delà de toutes ces annonces d’investissements d'acteurs privés, l'écosystème d'IA français pourra aussi compter sur la banque publique d’investissement française. Elle a en effet annoncé vendredi qu'elle allait déployer de quoi soutenir (encore plus) le secteur de l’IA française : 10 milliards d’euros seront en effet mobilisés d’ici à 2029. Le déploiement de cette enveloppe sera notamment structuré selon trois axes. Il y a l’accompagnement en fonds propres, tout d’abord, au travers de la participation à certains grands tours de tables de start-ups d’IA, d’acteurs d’infrastructures et de ceux des composants et puces utilisés pour développer l’IA, ou dans d’autres levées de fonds de sociétés rentables en forte croissance.

Ensuite, Bpifrance compte renforcer son action en fonds de fonds, en poursuivant ses investissements dans des fonds tricolores et internationaux actifs dans l’IA, en soutenant des modèles de fonds innovants et en accompagnant les sociétés de gestion dans l’intégration des outils d’IA, afin de mieux accompagner leurs sociétés en portefeuille. Enfin, la banque dirigée par Nicolas Dufourcq poursuivra l’accompagnement de ses participations en portefeuilles sur le sujet.

 

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