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Jamie Dimon / Etats-Unis
Droits de douane : Jamie Dimon voit une double menace sur l’économie américaine / Les courbes d'inflation et de croissance amenées à se croiser
La guerre commerciale n’épargnera pas l’économie américaine. C’est l’un des messages que Jamie Dimon, président-directeur général de JP Morgan, a voulu faire passer dans sa lettre annuelle aux actionnaires. La semaine dernière, le président des États-Unis a annoncé une augmentation sensible des taxes à l’importation sur de nombreux pays du monde dont une partie a été mise en place samedi dernier, le reste devrait l’être demain. Tant et si bien que, le droit de douane moyen va progresser entre 20 et 25 points de pourcentage selon les estimations, un niveau inédit depuis un siècle.
"Quelle que soit votre opinion sur les raisons légitimes des nouvelles taxes annoncées – et bien sûr, il y en a – ou sur leur effet à long terme, qu’il soit positif ou négatif, il est probable qu’il y aura des effets importants à court terme", a déclaré le patron de la plus grande banque américaine. "En ce qui concerne le court terme, nous sommes susceptibles de voir des effets inflationnistes, non seulement sur les biens importés, mais aussi sur les prix domestiques, à mesure que les coûts des intrants augmentent et que la demande pour les produits locaux augmente", a affirmé Jamie Dimon.
D’après lui, la manière dont cela se manifestera pour différents produits dépendra en partie de leur substituabilité et de leur élasticité-prix. Selon les estimations des économistes de Goldman Sachs, chaque hausse de 10 points de pourcentage du droit de douane moyen états-unien se traduit par 1 point d’inflation supplémentaire pour l’Oncle Sam.
Du côté de l’activité économique, Jamie Dimon avance que la question de savoir si le durcissement de la politique commerciale provoquera une récession reste en suspens. Toutefois cela "ralentira la croissance", estime-t-il. A noter que les économistes de JP Morgan jugent que la probabilité de récession pour cette année est passée de 40 à 60 %. Selon les calculs de certains experts, chaque accroissement de 10 points de pourcentage du droit de douane moyen américain coûte 0,5 point de croissance à la première économie mondiale.
Hier soir, invité par l’Economic Club of New York, Larry Fink, président-directeur général de BlackRock, a rapporté que la plupart des directeurs généraux avec lesquels il s’entretenait jugeaient que les Etats-Unis étaient probablement entrés en récession.
"Il y a de nombreuses incertitudes entourant la nouvelle politique tarifaire : les actions de rétorsion potentielles, y compris sur les services, de la part d’autres pays, l’impact sur la confiance, l’effet sur les investissements et les flux de capitaux, l’impact sur les bénéfices des entreprises et l’effet possible sur le dollar américain", a fait valoir Jamie Dimon. "Plus cette question sera résolue rapidement, mieux ce sera, car certains des effets négatifs s’accumulent avec le temps et seraient difficiles à inverser", a-t-il prévenu.
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