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croissance; FMI; Bruno Cavalier

Macro-économie / Taux / Récession / Etats-Unis / Monde

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Récession / Etats-Unis / Monde

Quand la récession pointe le bout de son nez / Un choc protectionniste prolongé n’épargnera personne

Des mécanismes bien différents de ceux habituellement à l’œuvre pour conduire à une récession. Économistes et analystes s’accordent à dire que l’économie mondiale n’avait pas connu pareil choc protectionniste depuis près d’un siècle. Reste à savoir s’il va perdurer, auquel cas le PIB américain pourrait être amputé de près de 2 % par rapport aux scénarios de référence jusque-là en vigueur.
Le président américain Donald Trump. Photo by SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Le président américain Donald Trump. Photo by SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Des droits de douane pour le moins coûteux pour la croissance. Les probabilités de récession de l’économie mondiale sont désormais supérieures à 50 % en 2025, pour certains analystes dont font partie les équipes de JP Morgan qui vont même jusqu’à évoquer un chiffre de 60 %. L’économie mondiale habituée aux soubresauts en provenance de la sphère financière ou bien d’une pandémie n’avait plus connu pareil choc protectionniste depuis des lustres.

Pas de place au doute cependant pour Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF, ce dernier considérant qu’en "l’état actuel du choc protectionniste – le plus intense depuis plus d’un siècle – tout concourt à causer une contraction de l’activité et des échanges". L’économiste rappelait d’ailleurs récemment que "même quand tout va bien, le risque de récession n’est jamais nul car un événement imprévu peut survenir" et se faisait l’écho d’une probabilité de récession américaine à un an qui est de l’ordre de 25 % sur longue période.

 

Déroutant

 

Décidément, les années passent et les indicateurs clés d’un jour ne le sont plus le lendemain. L’inversion de la courbe des taux américains était historiquement fortement corrélée avec une récession imminente, or il n’en fut rien en 2022. Les ménages soutenant la croissance grâce à des dépenses soutenues dans le temps. La séquence actuelle bat en brèche trois déterminants de la santé de l’économie mondiale ; Bruno Cavalier les énumérant comme étant "le taux d’intérêt sans risque des États-Unis, le taux de change du dollar et le prix du pétrole brut".

Pourtant depuis le début de l’année, il s’avère ces trois prix sont en forte baisse et le risque de récession de l’économie mondiale s’en va grandissant au fur et à mesure que le choc protectionniste se dessine. A contrecourant de nombreux chocs passés où c’était un approvisionnement en énergie contraint, un coût du refinancement en hausse ou encore l’appréciation du dollar qui conduisait à la récession. L’une des seules comparaisons historiques est difficilement pertinente, puisqu’en date de la grande dépression de 1929, les équipes d’Oddo BHF rappelant que "le commerce mondial avait chuté 66 % de 1929 à 1933 du fait des barrières aux échanges aux États-Unis (tarifs Smoot-Hawley) et dans le reste du monde".

 

Hors cadre

 

De rares modèles multi-pays sont à même de donner un aperçu d’une guerre commerciale se pérennisant. Le chef économiste d’Oddo BHF s’est penché sur un scénario alternatif baissier produit par le Fonds monétaire international (FMI), en octobre dernier, et bien qu’alors loin d’être le scénario central il ne faisait état que "d’une hausse de 10 % des droits de douane, mais sans prise en compte de droits de douane réciproques pouvant dépasser 20 %". De quoi qualifier cette prise en compte d’une hausse universelle des droits de douane, d’une incertitude commerciale et de conditions financières plus restrictives comme étant conservatrice puisque n’évoquant qu’une réduction du "PIB réel de 1.5 point environ pour les États-Unis et entre 0.75 à 1 point pour les autres grandes régions à un horizon de deux ans".

En faisant usage du modèle utilisé par le Peterson Institute en tablant sur un choc qui dure dans le temps, il est alors argué que le "PIB américain pourrait chuter de 2 % par rapport au scénario de référence, et de 1 % dans le reste du monde". De quoi amener la croissance américaine vers zéro et la croissance mondiale à un niveau inférieur à 2.5 %. Le niveau de la récession serait alors définitivement plus faible que lors de la pandémie ou qu’en 2008. Un scénario qui n’est pas pour l’heure celui de Patrick Artus, conseiller économique senior chez Ossiam, ce dernier considérant que le "plus probable est qu’il ne va pas y avoir de récession aux États-Unis, mais un simple ralentissement de l’activité ".

L’économiste va même plus loin et juge que "cette forte baisse des taux d’intérêt à long terme (des États-Unis) va se corriger". Il estime que le risque de récession aux États-Unis est "encore exagérément valorisé par les marchés obligataires ". L’analyste de chez Mirabaud John Plassard est davantage d’avis que les craintes croissantes de récession aux États-Unis sont à même "d’inciter les investisseurs à remettre en question la sécurité des bons du Trésor américain en tant qu’actifs refuges".

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