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OFCE / croissance / France
La croissance française se passerait bien d'une guerre commerciale / La consolidation budgétaire ne l’épargne pas non plus
Une seule certitude émerge de cette guerre commerciale en cours. Elle ne fait pas les affaires de la croissance française. D’autant plus que l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) est loin de voir un unique vent contraire pour l’économie hexagonale. C’est même le contraire, puisqu’au titre de 2025 et 2026 il est annoncé que les "chocs négatifs l’emportant sur ceux positifs, avec en premier lieu les effets liés à l’incertitude", on verra la croissance hexagonale bien loin de son niveau spontané.
Ce dernier étant défini tel que la hausse escomptée en l’absence de chocs. Or, ils se sont multipliés ces derniers mois et perdurent tels que "la hausse de l’incertitude nationale faisant suite à l’instabilité politique depuis la dissolution de l’Assemblée Nationale et la censure du budget [qui] conduirait à amputer la croissance de -0,3 point de PIB en 2025 (après -0,1 point en 2024) ". Les stigmates des incertitudes sur le plan national seraient durables et ne s’estomperont vraisemblablement pas dès 2025.
Quantifier
Pour l’heure, la montée des incertitudes internationales et des tensions géopolitiques depuis l’élection de Donald Trump engendreraient des "effets négatifs sur la croissance française [qui] représentent -0,3 point de PIB en 2025". Les calculs effectués par l’OFCE précisent bien que "sans tenir compte des effets induits sur le commerce international des autres pays, les exportations françaises totales reculeraient de 0,4 % (dont 8 % pour les seules exportations françaises aux Etats-Unis) au bout de deux ans" de hausse des tarifs douaniers américains sur les produits européens, engendraient la perte directe de 0,13 point de PIB dont il a été question précédemment. Il faut néanmoins y rajouter les éventuelles mesures de rétorsions commerciales ou autres effets financiers. Tout comme il faut tenir compte des difficultés plus grandes encore que pourraient connaître des partenaires commerciaux de premier plan de l’Hexagone, comme l’Allemagne.
Les bonnes nouvelles sont bien maigres et il faut se contenter d’une consolidation budgétaire, pour 2025 et 2026, dont l’OFCE rapporte que "l’impact sur la croissance à -0,4 point de PIB en 2025 et -0,5 point en 2026. Bien que négatif, l’impact sur le PIB en 2025 est cependant deux fois plus faible que celui […] estimé sur la base du projet de loi de finances 2025 du gouvernement Barnier ". Pour l’heure les dépenses militaires ne devraient pas avoir d’incidence arguent les équipes de l’institution, puisqu’il est avancé que les fonds supplémentaires alloués le seront au prix d’économies réalisées ailleurs.
Paradigme
Autre changement notable, l’économie française devrait " bénéficier d’un soutien majeur pour son activité", suite à la baisse des taux directeurs de la BCE depuis de nombreux mois. Après avoir vu la politique monétaire être restrictive pour la croissance et la politique budgétaire opérer en sens contraire, voici que moteurs et freins à la croissance sont dorénavant inversés. L’optimisme est cependant freiné par les équipes de l’OFCE étant donné que "cette baisse des taux courts ne s’est pas traduite par une baisse équivalente des taux longs". Cependant de façon agrégée il faut s’attendre à un impact sur la croissance positif, certes, "mais limité à 0,3 point de PIB cette année. Il serait plus élevé en 2026, à 0,6 point de PIB en raison des effets de diffusion relativement longs de la politique monétaire sur l’activité (après avoir amputé la croissance de -0,7 point en 2023 et -0,6 point en 2024)".
Déception concernant la consommation des ménages, le taux d’épargne dont Mathieu Plane, économiste et directeur adjoint à l'OFCE, considère que son retour à la normale sera "limité par l’effet de l’incertitude" et qu’il "va baisser manière plus progressive que par le passé" demeurant considérablement élevé et il "s’établirait fin 2026, encore près de 3 points de revenu au-dessus de son niveau pré-Covid". Il ne faut pas non plus attendre monts et merveilles de l’épargne accumulée ces dernières années ; elle aurait vu "sa valeur réelle être mangée par l’inflation". Difficile également de ne pas penser que les Français seront précautionneux au vu d’un taux de chômage attendu de l’ordre de 8,5 % au dernier trimestre 2026 et 7,9 % à la fin 2025 contre 7,3 % à la conclusion de l’année 2024.
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