Macro-économie / Taux / AIE / efficacité énergétique / industrie
Macro-économie / Taux
AIE / efficacité énergétique / industrie
Quand efficacité énergétique va de concert avec la compétitivité / Dépassant la seule question des émissions
Joindre protection du climat et développement économique. C’est le double message porté par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ces derniers jours. Celle-ci argue que l’économie dans son ensemble gagnerait à ce que l’efficacité énergétique progresse. C’est même déjà le cas puisqu’il s’avère que les industries du monde entier peuvent produire près de 20 % de valeur en plus pour une quantité donnée d’énergie qu’elles ne le pouvaient il y a encore deux décennies.
Les calculs rendus publics par l’agence estiment que si "toutes les entreprises correspondaient à la consommation d’énergie de leurs pairs les moins gourmands en énergie dans leurs sous-secteurs, les coûts énergétiques pourraient être réduits jusqu’à environ 600 milliards de dollars". Ce ne sont pas uniquement les industries lourdes qui seraient concernées, mais également les industries plus légères. Un facteur primordial pour rendre pertinente l’efficience énergétique puisque ce sont elles "qui forment l’épine dorsale de nombreuses économies, représentant collectivement la moitié de la valeur ajoutée industrielle mondiale et les deux tiers des emplois".
Bout à bout
Le phénomène est également estimé pour les pays du G20 comme leur ayant permis de doubler leur production économique de l’industrie et des services depuis 2000 et ce "tout en n’utilisant que 60 % d’énergie en plus, les gains d’efficacité se traduisant par des économies cumulées équivalentes à la consommation totale d’énergie primaire de l’Inde". Prenant le problème par l’autre bout, il est avancé que les moindres progrès de l’efficacité industrielle risquent bel et bien d’affaiblir la compétitivité des entreprises.
Le secteur industriel est ainsi responsable d’environ 80 % de la demande mondiale d’énergie supplémentaire depuis 2019, et ce alors même que son intensité énergétique ne s’est quasiment pas améliorée durant ce laps de temps. Pour autant, le secteur semble en avoir pris la mesure : sur un panel de près de 1 000 entreprises à travers le monde, environ 80 % des dirigeants de l’industrie "déclarent que l’efficacité est la clé de leur compétitivité". Malheureusement, il semble qu’ils ne parviennent pas pour l’heure à déployer les mesures les plus importantes en la matière, invoquant tant des coûts initiaux importants qu’une capacité de main-d’œuvre insuffisante.
Pendant ce temps, la fabrication de technologies d’efficacité énergétique représente une nouvelle opportunité. L’investissement mondial dans l’efficacité énergétique continue de s’accélérer, augmentant de 150 % depuis 2015.
Responsabilité
De quoi inciter les équipes de Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, à estimer que les différents décideurs ont actuellement "la possibilité de tirer parti des meilleures politiques d’efficacité" et ce "non seulement pour économiser de l’énergie, mais aussi pour atteindre des objectifs économiques plus larges, tels que l’amélioration de la productivité, la croissance des économies locales et la création et la sauvegarde d’emplois".
Pour le monde entrepreneurial, il est davantage mis en avant la croissance continue du marché associé. De quoi faire miroiter aux entreprises qui se positionnent comme productrices de technologies d’efficacité énergétique de potentiellement pouvoir gagner des parts de marché substantielles.
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