Feuilleton de l'été / Carrefour / Alexandre Chertok / Portrait
Feuilleton de l'été
Carrefour / Alexandre Chertok / Portrait
Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain /
Alexandre Chertok, directeur de cabinet d’Alexandre Bompard chez Carrefour
Un stratège de l’ombre, capable de parler aussi bien du NPS (Net Promoter Score) que de géopolitique, des attentes des clients que de la transformation digitale, le tout au service de la présidence du groupe Carrefour. C’est ainsi que l’on pourrait définir Alexandre Chertok, directeur de cabinet d’Alexandre Bompard depuis octobre dernier.
L’un des aspects centraux de son métier : être un rouage invisible mais essentiel du pilotage stratégique de l’entreprise. Modeste, l’homme résume son quotidien à WanSquare : "construire des dossiers dans lesquels il y a des analyses les plus exhaustives, mais aussi les plus précises possibles, afin de donner des outils de décision et de communication ".
La Ligue des Champions
La densité des sujets qu’il traite quotidiennement est pourtant impressionnante : finance, régulation, actionnariat, RSE, digital, consommation, etc. Sans oublier les enjeux de communication, de gouvernance et même de crise. Il faut, dit-il, " être très agile pour passer d’un sujet à l’autre, et extraordinairement précis sur ce qu’on écrit ". Car de ces dossiers découlent des décisions stratégiques voire des prises de position publiques, également dans le cadre de la présidence d’Alexandre Bompard à la Fédération du commerce et de la distribution.
Un rythme soutenu, un rôle à la fois exigeant, transversal et fondamentalement politique, dans une relation de confiance avec un patron qu’il admire profondément. " C’est la Ligue des champions. Je suis venu chez Carrefour pour Alexandre Bompard. Je le voyais comme un dirigeant qui s’attaquait aux sujets les plus critiques ", avoue-t-il.
À seulement 30 ans, Alexandre Chertok assume déjà une responsabilité à très haute intensité. " C’est un métier où on ne fait rien tout seul ", précise-t-il toutefois, revendiquant une démarche fondamentalement collective, où il travaille " de manière très étroite avec l’ensemble des directions".
À sa place dans les rayons
Alexandre Chertok le reconnaît lui-même, ce poste lui a fait " passer un cap en termes de structuration des idées, de précision, d’analyse ". Et surtout, il lui offre un ancrage profond dans ce qui l’anime depuis toujours : " le concret, qui permet de mobiliser tout le monde ". Ce sens du fond, il l’a cultivé très tôt, avec un double diplôme Sciences Po - HEC et une conviction chevillée au corps : " dans les grandes entreprises, il y a une échelle qui permet, en dénouant petit nœud par petit nœud, de changer les choses ". C’est ce goût de la transformation à grande échelle qui l’a naturellement amené à rejoindre Carrefour.
De fait, après un stage chez PAI Partners, actionnaire du groupe Labeyrie, il découvre que ce qui le passionne le plus n’est pas la modélisation financière mais "les visites en magasin pour aller vérifier les assortiments ". En 2019, il débute ainsi à la direction de la stratégie de Carrefour, pour suivre le plan Carrefour 2022. " C’était un poste d’observation parfait pour apprendre l’entreprise, comprendre les tenants et les aboutissants des grands shifts stratégiques ", se souvient Alexandre Chertok.
Un apprentissage bien réel
Mais c’est sa transition vers des fonctions opérationnelles, au service client, qui va profondément marquer son parcours. À 27 ans, il prend la direction de ce département clé. Un changement total d’univers, où la réalité des consommateurs (et parfois la colère des clients) remplace les tableaux Excel. "C’est le retour brut, direct, de nos clients. On est dans le concret, dans le quotidien. La seule question que l’on se pose, c’est : comment vais-je résoudre le problème de ces clients, un client après l’autre ", nous confie-t-il.
Cette expérience le transforme. " Cela fait prendre conscience des difficultés de fin de mois de beaucoup de nos clients ", reconnaît Alexandre Chertok. Il découvre aussi l’exigence d’une promesse tenue au quotidien : " nos clients ont besoin que nous soyons précis sur l’affichage des prix, la disponibilité des produits, la qualité des promotions ". Il apprend que c’est aussi à travers les retours clients qu’on perçoit le mieux les dysfonctionnements internes de l’entreprise. Et surtout, il peut mesurer en temps réel l’impact de ses actions : " Quand vous faites quelque chose de bien, la satisfaction des clients augmente tout de suite. C’est très satisfaisant ", constate-t-il.
Un poste tremplin à condition de réussir
Le passage par ce poste hautement opérationnel s’avère décisif dans sa compréhension fine de l’entreprise. Si bien que par la suite, il se verra confier la direction de la location automobile, un service, selon lui, " trop méconnu mais très important ", qui permet à des milliers de clients, dans les territoires, "d’avoir accès à un service pratique, à bas prix ". Alexandre Chertok en parle avec fierté : " Ce sont ces services qui font des hypermarchés des lieux encore plus utiles à la vie de nos clients ".
Lorsque Florence Gomez quitte son poste de directrice de cabinet pour prendre la tête des enseignes Bio c’Bon et So. bio du groupe, Alexandre Bompard pense à Alexandre Chertok pour la remplacer. " Il m’a fait l’honneur de me proposer le job ", dit-il sobrement. S’il reconnaît que ce poste est souvent vu comme un " tremplin ", il sait aussi que c’est "à condition de réussir ". Une manière de garder le cap sur l’action.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

