Entreprises / Actions / BPCE / Nicolas Namias
Entreprises / Actions
BPCE / Nicolas Namias
BPCE conjugue performance et exécution stratégique / Un deuxième trimestre soutenu sur tous les fronts
À mesure que se déploie sa feuille de route "Vision 2030", BPCE lie de façon croissante performance financière et transformation stratégique. La stratégie avait autant sa place que les chiffres dans les résultats du deuxième trimestre 2025 de BPCE publiés mardi soir. En parallèle d’une solide performance opérationnelle, le groupe mutualiste a en effet officialisé début août la signature de l’accord juridique pour l’acquisition de novobanco, quatrième banque portugaise.
Estimée à 6,4 milliards d’euros, l’opération parachève une séquence stratégique amorcée en juin avec la signature d’un protocole d’accord. Elle doit faire du Portugal le deuxième marché domestique du groupe, aux côtés de la France, avec plus de 7 000 collaborateurs dans le pays, dont 4 200 pour novobanco. L’établissement détient environ 9 % de part de marché sur la clientèle des particuliers et 14 % sur les entreprises.
"En ouvrant notre deuxième marché domestique au Portugal, nous poursuivons le développement de notre empreinte européenne", a souligné Nicolas Namias, le président du directoire de BPCE. L’opération, qui doit être finalisée au premier semestre 2026, illustre la volonté du groupe d’accélérer à l’international, dans la continuité de son plan stratégique présenté en 2024. Elle complète aussi les discussions en cours avec Generali sur un rapprochement dans la gestion d’actifs, visant à créer un leader européen du secteur.
Des résultats portés par la discipline opérationnelle
En parallèle de cette avancée stratégique majeure, le deuxième trimestre 2025 a confirmé la bonne orientation de tous les métiers du groupe mutualiste, ainsi que de l’ensemble de ses indicateurs. Le produit net bancaire atteint 6,3 milliards d’euros au deuxième trimestre, en hausse de 12 % sur un an, tandis que le résultat brut d’exploitation grimpe de 24 %, traduisant une bonne maîtrise des charges.
"Ces performances ont été réalisées en maîtrisant l’évolution des charges, comme en témoigne l’amélioration de notre coefficient d’exploitation", a observé Nicolas Namias. Le coefficient d’exploitation ressort à 66,3 %, en amélioration de 4,2 points sur un an, grâce à des coûts d’exploitation bien contenus, tout en intégrant un programme d’investissement soutenu. Résultat : le bénéfice net part du groupe atteint 1 milliard d’euros, en progression de 21 %.
Marge nette d’intérêt : un rattrapage se poursuit
Longtemps pénalisé par une marge d’intérêt inférieure à celle de ses concurrents, en raison d’un ancrage domestique plus marqué, BPCE continue à profiter pleinement de la remontée des taux amorcée fin 2023 - sans pour autant être freiné, à ce stade, par l’inflexion entamée depuis. L’amélioration reste soutenue : la marge nette d’intérêt atteint 2,2 milliards d’euros au deuxième trimestre (+7 %) et 4,5 milliards d’euros sur le semestre (+28 %).
La Banque de proximité et l’assurance confirment ainsi leur rôle moteur, avec une hausse des revenus de 13 % au deuxième trimestre et de 12 % sur l’ensemble du semestre. Cette dynamique tient autant à la reprise de la marge d’intérêt qu’à une conquête commerciale soutenue : le groupe a séduit 430 000 nouveaux clients sur les six premiers mois de l’année, témoignant d’une capacité renforcée à capter de nouveaux flux dans un contexte concurrentiel.
La Banque de grande clientèle en soutien
Dans le même temps, les activités de marché et de gestion d’actifs poursuivent leur trajectoire robuste. Le pôle Global Financial Services voit son produit net bancaire progresser de 8 % au premier semestre, et de 6 % sur le seul deuxième trimestre. La Banque de grande clientèle enregistre un record de revenus trimestriels, à 1,25 milliard d’euros, en hausse de 10 %. Cette performance est portée par la vigueur des activités de marché, dont les revenus s’envolent de 19 %, notamment grâce aux dérivés actions (+13 %) et aux produits de taux (+20 %). L’Investment Banking contribue également à cette dynamique, avec une croissance de 14 % de ses revenus.
La gestion d’actifs, via Natixis Investment Managers, n’est pas en reste. Fin juin, les encours moyens atteignent 1 276 milliards d’euros, soutenus par une collecte nette remarquable de 22 milliards d’euros depuis le début de l’année, dont 16 milliards au deuxième trimestre. La forte collecte nette observée au premier semestre a été portée par le succès des fonds obligataires gérés par Loomis Sayles, DNCA et Ostrum AM, trois affiliés de Natixis IM spécialisés dans cette classe d’actifs. Le produit net bancaire de la gestion d’actifs et de fortune progresse quant à lui de 3 % à change constant, pour atteindre 1,7 milliard d’euros sur le semestre.
Coût du risque maîtrisé, solidité confortée
Le pilotage du risque confirme lui aussi la solidité du modèle. Le coût du risque ressort à 25 points de base au deuxième trimestre 2025, soit 0,25 % des encours bruts de crédits, en léger recul par rapport aux 26 points observés un an plus tôt. Ce niveau témoigne d’un environnement de crédit toujours bien contenu.
Le groupe a procédé à une reprise de provision de 2 points de base sur encours sains, stable par rapport à l’an dernier, et à une dotation de 27 points sur encours douteux, également en repli. La quasi-totalité des provisions reste ainsi concentrée sur des situations de risque avéré, reflet d’un pilotage à la fois prudent et ciblé.
Dans le même temps, la solidité financière du groupe continue de se renforcer. Le ratio CET1 s’élève à 16,3 % à fin juin, en légère hausse sur trois mois. Ce niveau intègre la mise en réserve des résultats, qui a permis une création organique de capital de 21 points de base, et conforte la résilience du groupe dans un contexte de croissance soutenue.
Le projet Generali en ligne de mire
Reste désormais à suivre les prochains jalons du développement international du groupe. Après l’annonce de l’acquisition de novobanco, l’attention se tourne vers le projet de rapprochement entre Natixis Investment Managers et Generali Investments, visant à donner naissance à un acteur européen de premier plan dans la gestion d’actifs.
Signé en janvier 2025 sous la forme d’un protocole d’accord non contraignant, ce partenariat stratégique est programmé pour une finalisation début 2026. Dans cette perspective, une confirmation du calendrier et de l’avancée des travaux constituerait un signal bienvenu, venant renforcer la lisibilité de la feuille de route du pôle Global Financial Services.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

