Entreprises / Actions / BPCE / novobanco
Entreprises / Actions
BPCE / novobanco
BPCE ajoute l'assurance à son offensive portugaise / Novobanco pèse déjà 15 % des profits trimestriels
Six mois après avoir finalisé le rachat de novobanco, BPCE en récolte déjà les fruits et s'apprête à franchir une nouvelle étape au Portugal. Mardi soir, le groupe a publié ses résultats du troisième trimestre, les premiers à intégrer la banque portugaise sur trois mois pleins, et annoncé dans la foulée un accord avec les fonds conseillés par Apax Partners pour racheter GamaLife, l’assureur vie dont novobanco distribue déjà les contrats.
Sur ce trimestre, la croissance du groupe s’accompagne d’une nette amélioration de sa rentabilité. Le produit net bancaire progresse de 9 %, à 7 milliards d’euros, soit plus de deux fois plus vite que les frais de gestion (+4 %), ce qui permet au coefficient d’exploitation sous-jacent de reculer de 2,6 points, à 60,7 %. Le résultat net part du groupe s’envole, lui, de 25 %, à 1,43 milliard d’euros. « L’ensemble de nos métiers contribue à cette dynamique et à la croissance du résultat net de 25 % », souligne Nicolas Namias, président du directoire. Tous n’y prennent pourtant pas la même part : sur les 281 millions d’euros de bénéfice supplémentaire dégagés en un an, 219 millions proviennent de novobanco, qui n’était pas encore consolidé à la même période de 2025, contre 62 millions pour la banque de proximité en France.
Le coût du risque freine les réseaux français
Le cœur historique de BPCE, qui réunit notamment les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne, ne démérite pas pour autant. Il reste de loin le premier contributeur du groupe, avec 907 millions d’euros de résultat net, et son exploitation s’améliore nettement : ses revenus progressent de 7 % à frais stables, si bien que son coefficient d’exploitation recule de 4 points, à 53,8 %. Mais une large part de ce gain est absorbée par le coût du risque, qui bondit de 43 %, à 689 millions d'euros, soit 37 points de base des encours contre 26 un an plus tôt, et le résultat avant impôt ne progresse finalement que de 6 %. Dans les Caisses d'Epargne, la hausse de 71 % du coût du risque efface même toute l'amélioration opérationnelle et laisse le résultat avant impôt inchangé.
GamaLife, le deuxième étage de la stratégie portugaise
Chez novobanco, le coût du risque joue au contraire en faveur des comptes. Il ressort positif, à 35 millions d’euros, bénéficiant notamment de reprises de provisions techniques qui soutiennent son bénéfice. La banque portugaise se distingue aussi par son efficacité : avec 359 millions d’euros de revenus pour 134 millions de frais, son coefficient d’exploitation n’atteint que 37,4 %, bien en dessous de celui des réseaux français. Son activité reste dynamique, avec des encours de crédit en hausse de 8 % sur un an, à 32 milliards d’euros. Des performances qui prolongent celles des deux premiers mois de consolidation, au cours desquels novobanco avait apporté 136 millions d’euros de résultat net. Les « bénéfices de ce deuxième marché domestique », que Nicolas Namias jugeait déjà « tangibles » en août, s’affirment ainsi plus nettement encore sur un trimestre complet.
Et c’est sur cette banque que BPCE veut désormais s’appuyer pour exporter son savoir-faire d’assureur. « Le projet d’acquisition de GamaLife au Portugal nous permettrait de déployer, pour la première fois, notre modèle de bancassurance hors de France », explique le président du directoire. Huitième assureur vie portugais avec une part de marché d’environ 4 %, GamaLife a enregistré 475 millions d’euros de primes brutes en 2025 et gère 7,5 milliards d’euros d’actifs pour près de 500 000 clients. Ses contrats étant déjà vendus dans les agences de novobanco, l’opération permettrait à BPCE de récupérer, au sein du groupe, la marge d’assureur sur ces produits. Mais l'ambition ne s'arrête pas là. « En associant la puissance du réseau de distribution de novobanco et le savoir-faire de BPCE Assurances, ces expertises combinées nous permettraient d’accélérer le développement de la bancassurance au Portugal », précise Corinne Cipière, directrice générale de BPCE Assurances, dont ce serait la première acquisition à l’étranger.
Attendue au premier semestre 2027, sous réserve des autorisations réglementaires, l’opération porte sur une cible de taille mesurée à l’échelle de BPCE Assurances, qui a collecté 13 milliards d’euros en assurance vie sur les neuf premiers mois de l’année. Le prix n’a pas été dévoilé, BPCE évoquant seulement un impact marginal sur son ratio CET1, qui atteignait 15,5 % à fin septembre, avant la prise de participation amicale de 7 % dans Banco Sabadell, quatrième banque espagnole, annoncée en octobre.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

