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BPCE signe le meilleur trimestre de son histoire / novobanco apporte déjà sa pierre à l’édifice

La forte progression des revenus et la maîtrise des charges permettent à BPCE de faire jouer à plein l’effet ciseaux au deuxième trimestre. Le groupe mutualiste signe un trimestre record, auquel novobanco apporte déjà une contribution très rentable.
Nicolas Namias, président du directoire de BPCE. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)
Nicolas Namias, président du directoire de BPCE. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

« L'intégration de novobanco au sein de BPCE, depuis le 30 avril, est déjà perceptible dans notre résultat et rend tangibles les bénéfices de ce deuxième marché domestique en Banque de proximité », s'est félicité Nicolas Namias mardi 4 août, à l'occasion de la publication des résultats du deuxième trimestre. Un peu plus de trois mois après le closing de la plus grande acquisition bancaire transfrontalière réalisée en zone euro depuis plus de dix ans, le groupe mutualiste livre la première photographie chiffrée de son nouveau périmètre. Elle est flatteuse. Avec 7,2 milliards d'euros de produit net bancaire, en hausse de 13 % sur un an, BPCE signe le meilleur trimestre de son histoire. Le résultat net part du groupe bondit de 38 %, à 1,3 milliard d'euros, portant le bénéfice semestriel à 2,4 milliards, en progression de 30 %. À mi-parcours, le groupe maintient ainsi en vue son objectif d'environ 5 milliards d'euros de résultat net pour 2026.


L’effet ciseaux joue à plein en France


La banque portugaise n'explique pourtant qu'une partie de la performance. Le cœur de la performance reste la banque de proximité en France, dont les revenus progressent de 13 %, portés par la poursuite du redressement de la marge nette d'intérêt. Après avoir été comprimée par la remontée rapide de la rémunération de l'épargne, celle-ci bénéficie désormais du reflux du coût des ressources. À l'échelle du groupe, la marge nette d'intérêt bondit ainsi de 25 % sur le trimestre, à 3,1 milliards d'euros, quand les commissions restent quasiment stables. Le mouvement est particulièrement marqué dans les Caisses d'Epargne, très exposées à l'épargne réglementée, dont la rémunération a fortement reflué. Leurs revenus augmentent de 19 % et leur coefficient d'exploitation est ramené à 54,3 %, en amélioration de plus de dix points en un an. Les charges du groupe ne progressant que de 4 %, l'effet ciseaux est massif : le coefficient d'exploitation ressort à 60,9 % au deuxième trimestre, déjà nettement sous l'objectif d'environ 66 % que Vision 2030 fixe pour 2026, et le résultat brut d'exploitation grimpe de 33 %.


Une première contribution très rentable


Consolidée depuis le 30 avril, novobanco fait une entrée remarquée dans les comptes. La quatrième banque portugaise, désormais logée dans un nouveau métier « Banque de proximité en Europe » aux côtés de BPCE Equipment Solutions et d'Oney, a dégagé en deux mois 246 millions d'euros de revenus et 163 millions de résultat avant impôt, avec un coefficient d'exploitation de 39 % et, fait notable, un coût du risque positif, l'établissement enregistrant une reprise nette de 9 millions d'euros. La dynamique commerciale suit : les encours de crédit progressent de 6 % depuis le début de l'année, à 32 milliards d'euros, avec 1,1 milliard de production sur les seuls mois de mai et juin.

Cette contribution a un prix capitalistique. L'acquisition, payée 6,4 milliards d'euros, ampute le ratio CET1 de 121 points de base. Celui-ci ressort à 15,5 % à fin juin, tout juste au niveau du plancher que le groupe s'est fixé dans son plan stratégique, la création organique de capital du trimestre, 24 points de base, n'ayant compensé qu'une fraction de l'impact.


La banque de grande clientèle signe un trimestre record


Avec 1,3 milliard d'euros de revenus au deuxième trimestre, la banque de grande clientèle « établit un trimestre record », selon les mots de Nicolas Namias. Son produit net bancaire progresse de 8 % à change constant, principalement grâce à Global Markets, en hausse de 16 %. Au sein de cette activité, Equity bondit de 59 %, porté par la forte dynamique des dérivés, tandis que Global Banking avance plus modérément, soutenu notamment par le financement du commerce et des actifs réels. Le résultat brut d'exploitation de la banque de grande clientèle progresse ainsi de 12 % à change constant, à 519 millions d'euros.

L'assurance et la gestion d'actifs restent également bien orientées. Le produit net bancaire de l'assurance grimpe de 33 % sur le trimestre, tandis que Natixis Investment Managers affiche 18 milliards d'euros de collecte nette au premier semestre, principalement sur les produits obligataires, monétaires et diversifiés. Ses encours dépassent désormais 1 300 milliards d'euros.


Le coût du risque reflète la conjoncture française


Seul agrégat à contre-courant, le coût du risque atteint 848 millions d'euros au deuxième trimestre, un chiffre gonflé par un reclassement exceptionnel lié à l'intégration de novobanco. Hors cet effet, la charge progresse tout de même de 35 %, à 32 points de base des encours contre 25 un an plus tôt. Le groupe souligne la stabilité du risque avéré, à 29 points de base, et revendique une politique de provisionnement prudente, 4 points de base étant constitués au titre des risques futurs. La pression se concentre sur la banque de détail française, où le coût du risque grimpe à 34 points de base contre 24 au deuxième trimestre 2025, dans la droite ligne de la lecture qu'en donnait Nicolas Namias en février, celle d'un coût du risque « proxy de l'économie » française, tiré notamment par l'immobilier et la distribution.

Ces résultats donnent aussi un relief particulier à l'étude consacrée en février par UBS à « la plus grande banque dont vous n'avez peut-être jamais entendu parler ». La banque suisse rappelait alors qu'avec 867 milliards d'euros de crédits, BPCE était le septième groupe bancaire européen, seulement 5 % plus petit que HSBC, et disposait d'une franchise de banque de détail française jusqu'à trois ou quatre fois plus importante que celles de BNP Paribas, Crédit Agricole ou Société Générale. L'acquisition de novobanco constituait, selon UBS, un rappel de la capacité des groupes mutualistes à utiliser les opérations transfrontalières pour diversifier leurs activités. Six mois plus tard, les premiers résultats du nouveau périmètre viennent conforter cette lecture.

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