Macro-économie / Taux / Allemagne / Automobile / Fitch Ratings
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Allemagne / Automobile / Fitch Ratings
Le secteur automobile allemand tire la langue / L’économie ultra-rhénane en fait logiquement les frais
Les temps difficiles pour l’économie allemande n’épargnent pas ses fleurons. Au premier rang desquels figure l’automobile, un secteur clé dans les succès passés de notre voisin. Aujourd’hui Berlin aurait pourtant bien besoin de pouvoir compter sur ce moteur alors que les dernières estimations de la croissance allemande pour 2025 et 2026 sont pour le moins pessimistes. Cette semaine c’est l’Institut de l’économie mondiale de Kiel qui a évoqué une hausse du PIB d’uniquement 0,1 % pour cette année.
Une légère amélioration rapportée à deux années consécutives de contraction. Cependant les principales lueurs d’espoir ne sont pas structurelles mais plutôt à chercher dans la hausse de la dépense publique outre-Rhin, les équipes de l’institution considèrent qu’elle augmenterait la croissance de respectivement 0,6 et 0,3 points de pourcentage en 2026 et 2027. De quoi porter la croissance du PIB à 1,3 % puis 1,2 %. Loin des années où l’Allemagne était le moteur de l’économie européenne, et la mauvaise santé de l’automobile n’y est pas étrangère.
Fin de cycle
Le déclin de ce pan du modèle allemand est largement perceptible dans la note qu’y consacre Fitch Ratings, on y voit notamment affirmé "que la contribution de l’industrie à la croissance économique globale sera plus faible sur la période 2025-2030 que dans un passé récent". Ce qui est loin d’être un bon signal puisque la production automobile y a déjà très largement diminué ces dernières années. Rien que sur la période allant de 2019 à 2024, elle avait alors chuté de 13 %.
La principale lueur d’espoir réside dans les bonnes statistiques émanant de la valeur ajoutée brute (VAB) – caractérisée comme l’écart entre la valeur de la production brute et la consommation d’intrants intermédiaires de l’industrie - dans le secteur automobile. Chez Fitch Ratings on explique que cet indicateur "a résisté à une tendance à la baisse de la production automobile en termes unitaires" et a même augmenté "de 15 % entre 2019 et 2022, représentant plus que sa juste part de la croissance de la VAB de l’ensemble de l’économie".
Virage
Un dernier pilier qui pourrait bien vaciller avec l’émergence de l’électrique, l’analyse faite chez Fitch Ratings est que cet "écart entre la baisse de la production et la hausse de la valeur ajoutée résulte de la tendance des constructeurs automobiles à privilégier les modèles plus onéreux, notamment les véhicules électriques". Un tournant loin d’être dénué de conséquence puisque d’une part ce type de véhicules ne gagnera pas éternellement des parts de marché, il faudra donc vendre de plus en plus de véhicules de façon agrégée et d’autre part cette production est très intensive en batteries et composants associés.
Des intrants qui sont actuellement produits essentiellement en dehors des frontières allemandes et qui nécessiteront une progression conséquente des importations pour subvenir aux besoins industriels. Une dynamique qui réduirait mécaniquement la valeur ajoutée nationale. Sans oublier les droits de douane américains pour l’heure fixés à 15 %, de quoi pénaliser un débouché qui représentait encore près de 13 % des exportations automobiles allemandes en 2024.
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