Entreprises / Actions / Abivax
Entreprises / Actions
Abivax
Abivax aborde les prochaines étapes en position de force financière / Une visibilité confirmée jusqu’en 2027, et une cible évidente
L’accélération des pertes ne devrait avoir surpris personne. Au premier semestre 2025, Abivax a enregistré un déficit net de 100,8 millions d’euros, contre 81,6 millions un an plus tôt. Un creusement prévisible pour une société entrée dans la phase la plus exigeante du développement clinique de son candidat-médicament. Dans un secteur où la consommation de cash est inhérente aux étapes avancées de recherche, cette trajectoire a tout lieu d’être perçue comme cohérente par le marché.
Ce qui frappe, c’est moins l’ampleur des pertes que la stature nouvelle de la société. Longtemps en quête d’un champion dont les développements cliniques répondent aux importants espoirs placés en eux, la biotech française a enchaîné les promesses déçues, de Nicox à Genfit, dont les réussites sont restées d’une taille bien plus modeste. Abivax, introduite sur le Nasdaq à l’automne 2023, s’impose désormais comme l’exception. Avec une capitalisation de près de 5,7 milliards d’euros, elle est devenue la biotech française la mieux valorisée, incarnant l’un des rares succès industriels de la filière depuis deux décennies. Une trajectoire qui illustre la nécessité, pour les biotechs européennes, d’accéder à l’écosystème de financement américain, et souligne aussi le rôle déterminant du management. Depuis son arrivée en 2023, Marc de Garidel a donné à Abivax la crédibilité et la discipline stratégique qui manquaient souvent aux ambitions françaises dans ce domaine.
Abivax, l’exception
Le 22 juillet, Abivax a franchi une étape clinique décisive. Son candidat-médicament obefazimod offre un mode d’action inédit et, surtout, une prise orale susceptible de bouleverser les standards thérapeutiques d’une aire encore dominée par des anticorps injectables. L’indication prioritaire reste la rectocolite hémorragique modérée à sévère, mais l’extension à la maladie de Crohn est déjà engagée avec un essai de phase 2b. À terme, le marché mondial des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin est évalué à près de 30 milliards de dollars, et les estimations de ventes potentielles pour l’obefazimod dépassent les 3 à 4 milliards annuels.
Dans la foulée, la société a procédé à une levée de fonds de 637,5 millions d’euros (747,5 millions de dollars), principalement via des American Depositary Shares à Wall Street. La séquence, soigneusement orchestrée, a permis de maximiser l’impact des données cliniques sur le plan financier et d’asseoir sa crédibilité auprès des investisseurs.
Cap sur 2026, avec la FDA en ligne de mire
Après cette intense phase boursière et financière, l’attention se replace à sur le calendrier clinique, qui concentrera de nouveau tous les regards. Le point d’orgue attendu est la publication, au deuxième trimestre 2026, des résultats de l’essai de maintenance sur 44 semaines, destiné à confirmer l’efficacité du traitement dans la durée. Ce jalon conditionnera le dépôt d’un dossier d’autorisation auprès de la FDA au second semestre 2026, suivi d’une demande similaire devant l’Agence européenne du médicament.
Les développements cliniques vont d’autant plus monopoliser l’attention que la question du financement est réglée, du moins pour les deux prochaines années, qui seront déterminantes. Publiés mardi soir, les résultats semestriels ont confirmé qu’Abivax dispose désormais d’une visibilité financière jusqu’à fin 2027, soit au-delà des prochaines étapes cliniques et réglementaires. Un matelas qui place la société dans des conditions idéales pour aborder d’éventuelles discussions capitalistiques. Comme le souligne le cabinet Oddo BHF, Abivax "reste une cible M&A évidente pour tout acteur voulant se positionner dans les maladies inflammatoires". De quoi permettre à la biotech d’inscrire de nouveaux records de valorisation.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

