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Publications financières aux Etats-Unis : la SEC prête à une réforme ? / La piste d’un compromis avec un rapport plus léger mais mieux documenté
Le souhait de Donald Trump de voir supprimer pour les entreprises américaines l’obligation de publier des rapports trimestriels pour permettre des économies de coûts deviendra-t-il réalité ? Alors que durant son premier mandat à la Maison Blanche, le président de la SEC (Securities and Exchange Commission des Etats-Unis), Jay Clayton, avait balayé du revers de la main cette idée, Paul Atkins (nommé par Trump en décembre 2024), a déclaré en fin de semaine dernière sur CNBC que son agence allait proposer un changement de règle pour passer à un calendrier semestriel. "Je salue cette proposition du président et je lui en ai parlé. Proposer une modification de nos règles actuelles serait une bonne solution. Nous y réfléchirons ensuite et avancerons", a-t-il confirmé, ajoutant que si le changement de règle était approuvé, il appartiendrait ensuite aux entreprises, comme en Europe, de décider si elles passent à une publication semestrielle ou si elles restent sur des trimestrielles.
Si cette proposition suscite le débat, notamment du point de vue de l’information au marché, pour John Plassard, head of investment strategy chez Cité Gestion Private Bank, le vrai sujet est la guidance trimestrielle. "Les études montrent que cette pratique s’accompagne d’une baisse durable de l’investissement et d’un usage opportuniste des rachats d’actions pour sauver le bénéfice par action. A l’inverse, arrêter la guidance ne veut pas dire arrêter d’informer : on peut communiquer avec des indicateurs stratégiques comme le taux de churn (taux d’attrition), les marges unitaires ou des plans à 3-5 ans", explique-t-il.
C’est d’ailleurs l’idée défendue, durant le premier mandat de Donald Trump, par Warren Buffett et Jamie Dimon, le patron de JP Morgan : garder les rapports trimestriels, en supprimant les cibles de résultats à court terme. "Les investisseurs n’achètent pas de promesses au trimestre, ils achètent une trajectoire crédible de création de valeur. Passer d’une logique ’battre et relever’ à une logique ’expliquer et documenter’, réduit le bruit et augmente la confiance. Beaucoup d’entreprises ont déjà franchi ce pas sans perdre l’intérêt des marchés, à condition de bien expliquer leur stratégie. Et c’est sans doute le levier le plus efficace pour rallonger l’horizon des marchés sans réduire la transparence", estime John Plassard.
Pour l’heure, selon lui, il est fort probable que si la SEC a le pouvoir de changer la fréquence des rapports, elle pourrait commencer par des tests pilotes. "Un passage général à moins de publications serait probablement contesté par les grands investisseurs et les associations professionnelles. Le scénario le plus crédible serait un compromis : garder le rapport trimestriel pour tout le monde, mais plus léger, limiter la guidance chiffrée à court terme, mettre en avant des indicateurs stratégiques propres à chaque secteur, et donner la possibilité aux microcaps peu liquides de publier seulement deux fois par an à condition de fournir des informations ponctuelles en cas d’événement important ", juge-t-il. Et John Plassard de prévenir : "Quelle que soit l’issue du débat, une bonne stratégie d’investissement doit rester solide même si le rythme de publication change ".
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